Dans les secteurs de l’architecture et de la construction, les nouveaux métiers du numérique tirent leur épingle du jeu, d’après une étude dévoilée par Cap-Digital et Multiposting. En architecture, le développement de la maquette numérique a fait émerger le métier BIM manager en agence. Qui est-il ? Que fait-il ?

Alors que l’emploi freine toujours des quatre fers dans le secteur de l’architecture et de la construction, Cap Digital et Multiposting signalent dans son premier baromètre dédié aux "métiers du numérique", que ce secteur en pleine expansion propose des carrières et des postes innovants.

En dressant le portrait d'un secteur en constante mutation, divisé en six grandes familles de métiers, l’étude confirme la montée du numérique avec près de 10.000 offres d’emplois sur le dernier trimestre 2014. "Tout semble indiquer qu’il s’agit d’un accroissement continu, mais il y a un réel décalage entre l’offre et la demande qui augmente progressivement,observe Simon Bouchez, directeur général de Multiposting, dans un communiqué. Le volume de candidats n’augmente pas suffisamment vite, ce qui accroît les tensions sur le marché du recrutement."

 

Plus de 2/3 des offres d’emploi sont partagées au dernier trimestre 2014 sur les métiers de développeur informatique (38 % des offres, 3216 offres) et spécialistes (24 % des offres, 2.120 offres), avec une hausse continue par rapport à l’année précédente, souligne l’étude. Juste derrière la prédominance d’offres auprès des développeurs, la demande en spécialistes est très importante, remarquent Cap Digital et Multiposting. 

Et d’ajouter : "Ainsi, la demande en spécialistes accompagne l’augmentation de la présence du numérique dans tous les secteurs où des problèmes de plus en plus spécifiques apparaissent, comme les questions relatives aux données personnelles dans l’assurance ou encore la sécurité des serveurs d’une entreprise", notamment dans le secteur de la construction ou de l’énergie. 

BIM manager : des opportunités de plus en plus nombreuses 

En se focalisant sur le secteur de la construction et de l’architecture, Cédric Duquenne, Regional Manager BTP & Architecture chez Hays France, nous dresse un inventaire des opportunités. "Le monde de la construction évolue énormément avec l’aspect numérique du Building Information Modeling (BIM), reconnaît Cédric Duquenne. Les opportunités sont de plus en plus nombreuses." Jusqu’à récemment, il n’existait pas de formation spécifique au métier de BIM manager : une situation complexe réglée en partie avec la création d’un cursus spécialisé par le CSTB début 2014. Désormais, bureaux d’études, agences d'architectures mais aussi les groupes de BTP font appel à des BIM managers. 

Responsabilités transverses 

Son portrait-robot ? "C’est souvent un jeune ingénieur ou architecte expérimenté qui a des affinités avec l’outil informatique, décrypte le cabinet de recrutement Hays. Il dispose d’une connaissance parfaite des mécanismes de construction virtuelle et de documentation." Ce BIM manager intervient, en étroite relation avec le directeur technique du projet, dont il est l’adjoint ; met en place le plan BIM du projet et ses règles de réalisation : comment découper le projet en zones ? Quelles sont les familles d’objets à utiliser ? ; et enfin il prépare les réunions de coordination, assemble les maquettes et réalise les rapports de conflits consacrés aux interférences des différentes copies de la maquette.

Son objectif est clair : organiser et déployer le BIM auprès des différents projets de l’agence. Il est donc impératif qu'il intègre des compétences en gestion de maquettes numériques et qu'il maîtrise les logiciels dont Revit (Autodesk, Ndlr: le plus utilisé). Il peut aussi être amené à former les architectes, poursuit le cabinet Hays. 

Des contrats majoritairement à durée déterminée

"Et dans un futur proche, la totalité des agences d’architecture n’aura d’autre choix que de disposer de compétences en BIM : BIM manager et/ou architecte BIM coordinateur", complète Cédric Duquenne. A noter que le salaire d’un BIM manager, après trois ans d’expérience oscille entre 50 et 60 K euros bruts par an sans compter que la nature des contrats reste majoritairement à durée déterminée (CDD, Intérim) ou encore en Freelance. "Le manque de visibilité ne permet pas aux agences de recruter sur du long terme", conclut Cédric Duquenne. 

*Les six métiers du numérique : Développeurs, spécialistes, chef de projet, administrateur, traitement de l’information, et enfin Marketing, communication, vente. 
 
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