Pour comprendre le caractère exceptionnel du projet Iter, il convient de prendre en compte toutes les caractéristiques démesurées de ce chantier, qu'elles soient historiques, industrielles ou scientifiques. A l'origine de ce projet inédit, Mikhaïl Gorbatchev (dirigeant de l'Union des républiques socialistes soviétiques), Ronald Reagan (président des Etats-Unis d'Amérique) et François Mitterrand (président de la France) ont posé les bases de la coopération internationale en 1985. C'est le 28 juin 2005 que le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, a été sélectionné pour accueillir le réacteur expérimental, sur une superficie de 42 hectares. Puis, le 21 novembre 2006, l'Accord Iter a été officiellement signé à l'Elysée. Avec dans le viseur "une quête humaine", pour reprendre les mots de Jérôme Stubler : celle de l'énergie disponible, pour subvenir sans risques aux besoins de l'Humanité.

 

"Iter est un projet ambitieux consistant à maîtriser l'énergie physique des étoiles qui s'exerce depuis des milliards d'années", explique le directeur général d'Iter Organization, Bernard Bigot. Cette structure regroupe en son sein 35 pays, dont 7 partenaires : l'Union européenne (avec qui la Suisse s'est associée pour fournir 41,4% du budget global), le Japon (15,1%), la Chine (10,6%), la Russie (9,1%), la Corée du Sud (8,4%), les Etats-Unis (8%) et l'Inde (7,4%). Le sujet étant éminemment sensible sur les plans politique et scientifique, le détail des chiffres n'est pas forcément communiqué. On retiendra néanmoins que le budget de la co-entreprise européenne sur la période 2008-2018 avoisine les 6,11 milliards d'euros.

 

"Une rupture majeure dans l'histoire de l'Humanité"

 

Situé sur le territoire des communes de Cadarache et Saint-Paul-lez-Durance, le réacteur Iter devrait bénéficier d'une période d'exploitation minimale de 42 ans. D'ici là, il faut bien sûr achever la construction du site : "Pour recréer la fusion nucléaire, nous devons avoir un bâtiment d'une certaine taille", poursuit Bernard Bigot. "Il faut une précision extrême : il s'agit de fusionner les noyaux d'hydrogène à 120 millions de degrés, soit 20 fois plus que la température du Soleil, dans un tube faisant 30 mètres par 30 mètres, avec une précision du demi-millimètre pour l'axe magnétique. C'est une rupture majeure dans l'histoire de l'Humanité."

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