INTERVIEW EXCLUSIVE. Défiscalisation, dézonage, simplification, rénovation… Pour Batiactu, le ministre de la Ville et du Logement, en charge de déployer le plan "Relance Logement", revient sur les mesures qu'il compte déployer pour produire 400.000 logements produits par an, afin d'offrir un "logement partout et pour tous."
Batiactu : Nous sommes actuellement à 280.000 mises en chantiers par an. Vous avez annoncé un objectif très important de produire 2 millions de logements d'ici 2030, soit 400.000 logements par an en neuf et en rénové "reconditionné". Les conditions sont-elles réunies, selon vous, pour créer un tel choc d'offre, en quelques mois ?
Vincent Jeanbrun : Cet objectif n'est pas seulement celui du gouvernement, mais celui de ce que nous appelons "l'équipe de France du logement". Ce qui importe, c'est que l'ensemble du secteur soit mobilisé et réponde présent. Deux millions de logements d'ici 2030, soit 400.000 en moyenne par an, ce sont des chiffres ambitieux mais atteignables. En permettant de faire du neuf dans le libre, mais aussi dans le social, afin que tout le parcours résidentiel voie de nouvelles offres de logements apparaître. A ces chiffres s'ajouteront ceux de la rénovation.
En quoi consiste exactement le concept d'"habitat reconditionné" ?
Les règles qui s'appliquent en construction ou en rénovation pour le logement sont extrêmement contraignantes et empêchent bien souvent l'équilibre financier et donc la réalisation de la conversion de bureaux. Il y a, par exemple, des choses absurdes, comme la taille des places de parking, qui sont plus petites dans les bureaux que celles prévues dans la réglementation en résidentiel, avec des coûts supplémentaires en cas de transformation. L'équation financière serait ainsi bien plus rentable en autorisant le maintien à la même taille de ces places de parking.Idem pour la taille des marches d'escalier : est-ce gravissime s'il manque un centimètre par rapport à la réglementation ? Non. Mais, bien sûr, dans le reconditionné, il n'est pas question de sacrifier aux exigences de confort thermique, de sécurité et de normes environnementales pour l'habitat lui-même. Il s'agit d'être exigeant sur le logement, mais d'accepter une souplesse sur le bâtiment et les parties communes.
Les architectes se sentent un peu absents de votre "équipe de France du logement", n'ayant pas été conviés à signer le plan de relance présenté, et s'inquiètent justement des mesures de simplification envisagées, craignant qu'elles puissent nuire à la qualité des projets.
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