CATASTROPHE NATURELLE. Le chef d'Etat s'est rendu dans les Alpes-Maritimes quinze mois après le passage de la tempête Alex pour écouter les retours des maires des communes concernées par les dégâts. Il espère que les travaux de reconstruction seront terminés en 2022.

"Le travail de reconstruction va se poursuivre. Nous irons au bout", a déclaré Emmanuel Macron, lors de son déplacement dans la commune de Tende le 10 janvier 2022. Dans les vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée, dans les Alpes-Maritimes, le déluge dévastateur qui avait détruit la région le 2 octobre 2020 hante encore les habitants et les élus de l'arrière-pays niçois.

 

"On était descendus en enfer", a raconté Jean-Pierre Vassalo, maire de Tende, au président de la République. "Je croyais qu'on était foutus, qu'on n'arriverait pas à se relever ou qu'il nous faudrait au moins cinq à six ans [pour le faire]. Aujourd'hui, on compte encore sur vous."

 

10 morts et 8 disparus

 

La tempête Alex avait provoqué dans la zone alpine proche de l'Italie des crues impressionnantes qui ont démoli des maisons, des routes et des ponts. Le bilan est lourd : ces événements ont coûté la vie à dix personnes et ont fait huit disparus, 85 kilomètres de routes ont été emportés ou endommagés, 20 ponts ont été détruits ou sont inutilisables, les réseaux d'eau et d'électricité sont à reconstruire. Et sur les 2.500 maisons expertisées, 420 ont été condamnées.

 

Les dégâts sont estimés à un milliard d'euros au moins. En effet, 727 millions d'euros de dégâts sur les infrastructures publiques et 217 millions d'euros de dommages sur des biens privés sont à déplorer. Les experts parlent même de la catastrophe naturelle comme de celle qui a provoqué "le plus de dégâts en France métropolitaine depuis la Seconde Guerre mondiale".

 

Quinze mois après les crues, Emmanuel Macron a qualifié le travail de reconstruction déjà accompli de "colossal". Il a promis que cette année marquera "la fin complète des travaux" face aux difficultés persistantes. Accompagné des élus des communes touchées, Emmanuel Macron a fait un état des lieux des chantiers de reconstruction. Il s'était déjà entretenu, en juin 2021 par visioconférence, avec une vingtaine d'élus locaux des Alpes-Maritimes pour faire un bilan des besoins nécessaires à la reconstruction des vallées.

 

Un hameau coupé du monde

 

Le chef d'Etat a notamment fait hier un passage sur le chantier titanesque de la route départementale, que le fleuve avait transformé en pointillés, avant de se rendre à Tende. En septembre dernier, l'édile de cette collectivité avait parlé de "travaux, colossaux, indescriptibles" à mener. Le préfet délégué chargé de la reconstruction, Xavier Pelletier, avait donné comme priorité de s'occuper du "rétablissement de l'ensemble des fonctionnalités permettant le retour à une 'vie normale' - mobilités, raccordement à l'eau, électricité, assainissement -, tout en assurant la protection des biens et des personnes à travers la redéfinition des zones à risques".

 

Lors de la visite du locataire de l'Elysée, Jean-Pierre Vassalo a évoqué la voie ferrée, "cordon ombilical" avec la côte, qui a besoin d'être "plus performante", ou les établissements hospitaliers de la vallée qui emploient 500 personnes et qui ont "besoin d'être confortés". Quant au hameau de Casterino, il est toujours coupé du monde. Emmanuel Macron s'est montré discret et à l'écoute lors de cette visite, parlant peu. Il s'était déjà rendu sur les lieux de la catastrophe, quelques jours après les faits. "L'important est de nous alerter sur les points sur lesquels il faut qu'on continue d'être vigilants", a-t-il fait savoir.

 

 

Plus de 500 millions euros d'aides

 

Malgré les espoirs que porte le président sur la fin des travaux en 2022, le délai sera difficile à tenir pour le tunnel de Tende. Cette route qui relie la commune à Limone, côté italien, devrait rouvrir au plus tôt en 2023, estiment les autorités. "Il faut encore plus de 300 jours pour le percer", a expliqué le maire de Tende. Il faut "qu'on ait une vraie entente, une coopération franco-italienne, pour que ce ne soit pas toujours des blocages", a affirmé auprès de l'AFP Sébastien Olharan, maire (LR) de Breil-sur-Roya. "C'est un sujet européen, on a la présidence (de l'Union européenne, NDLR) et on peut avoir un accord tout de suite", a répondu Emmanuel Macron.

 

L'enveloppe budgétaire des aides publiques s'élève à 572 millions d'euros. Plus précisément, 143 millions d'euros proviennent de la dotation de solidarité, 59 millions de crédits du Fonds de solidarité de l'Union européenne, 50 millions réservés à l'accompagnement de projets de développement et d'attractivité des territoires. 120 millions d'euros supplémentaires de la part du Fonds de prévention des risques naturels majeurs s'y ajoutent.

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