CATASTROPHE NATURELLE. En déplacement, le 7 octobre 2020, dans les vallées des Alpes-Maritimes frappées par de violentes intempéries quelques jours plus tôt, le président de la République a promis de débloquer rapidement des financements pour entamer au plus vite la reconstruction des accès. Même s'il faudra du temps pour les "refaire vivre".

Cent millions d'euros immédiatement. Plusieurs centaines "à coup sûr. Peut-être un milliard". L'Etat mettra les moyens pour reconstruire les accès et rebâtir les villages des Alpes-Maritimes meurtris par la tempête Alex. C'est en tout cas la promesse qu'a formulée le président de la République, Emmanuel Macron, en se rendant sur place le 7 octobre 2020.

 

Venu soutenir la population et constaté les dégâts, il a vu des "images terribles avec des ponts arrachés, des routes coupées, des maisons emportées, des terrains broyés par la force des éléments", a-t-il raconté dans un entretien à Nice-Matin. La vallée de la Roya par exemple se retrouve "extraordinairement enclavée", comme il l'a souligné au cours d'une interview à TF1 et à France 2 cette fois.

 

"Dans 4 à 5 semaines, le train pourra refonctionner. Nous sommes en train de refaire des pistes qui passeront par l'Italie. Mais pour que la route elle-même fonctionne à nouveau, il faut reconstruire des viaducs qui se sont effondrés. Cela prendra des mois", a-t-il prévenu. Comme partout dans les villages touchés, "rebâtir les routes, les ponts, les habitations prendra du temps".

 

Enclencher vite

 

Il faut cependant commencer vite. Pour cela, et en premier lieu, il fallait rapidement prendre l'arrêté de catastrophe naturelle pour les 55 communes touchées par la tempête Alex. "Nous l'avons fait en 3 jours, un record, s'est-il félicité à la télévision. Les communes et particuliers qui ont subi un sinistre ou qui ont connu une perte d'exploitation peuvent se tourner vers leur assureur, à qui je demande de faire au plus vite, au plus simple possible et au maximum de ce qu'il est possible de faire."

 

L'Etat compte également mobiliser rapidement des moyens financiers. Cinquante millions d'euros à travers le fonds Barnier, prélevés sur les sociétés d'assurance, pour "que ceux qui ont tout perdu et veulent rebâtir puissent être soutenus pour reconstruire aux normes nouvelles", pour mieux résister au risque inondations. "Ils seront soutenus jusqu'à 80%, un soutien inédit", a insisté Emmanuel Macron au micro de TF1 et de France 2.

 

Un fonds pour la reconstruction


Pour "enclencher" rapidement la reconstruction, un fonds dédié à la reconstruction des vallées dans les Alpes-Maritimes sera également créé. Doté pour commencer de 100 millions d'euros, "il y aura plus", l'Etat investira sans doute « plusieurs centaines de millions d'euros », peut-être un milliard. "Impossible de savoir combien pour le moment, car nous n'avons que de premiers chiffrages. Mais ce sera massif. Nous serons là !"

 

Une "conférence des financeurs" sera par ailleurs mise en place, avec la Région, le Département, la métropole Nice-Côte d'Azur, "les communes qui peuvent y contribuer". Le but : organiser une solidarité nationale et locale. "Nous ne pouvons pas demander à des commerçants, des artisans, des communes dont la taille et les finances sont réduites de se débrouiller seuls", a-t-il clamé. En sachant qu'au-delà de la reconstruction, c'est aussi la vie du tissu économique local qu'il va falloir soutenir globalement. Ce sera d'ailleurs "le défi des prochains mois", a-t-il estimé dans les colonnes de Nice-Matin.

 

Les vallées ne retrouveront pas "leur visage d'avant"

 

Reconstruire vite est une chose. Cependant, les vallées ne retrouveront "sans doute pas leur visage d'avant", a encore expliqué le président à TF1 et France 2. Même si, selon ses propos auprès de Nice-Matin, il "serait faux de dire que dans le cas présent, ce serait l'artificialisation des dernières années qui a conduit à ça", il a reconnu que certaines maisons ne pourraient être reconstruites à l'identique, que d'autres devraient être sans doute évacuée…

 

Pour construire différemment, pas besoin de changer la loi, les outils existent selon Emmanuel Macron, qui veut plutôt aller "vers une application plus souple, plus pragmatique sur la question des assurances, a-t-il exposé à Nice-Matin. Pour tout ce qui concerne l'adaptation et la prévention des risques, nous avons des textes de loi, ce que nous voulons, c'est tester une simplification de leur application".

 

Simplifier l'application des PAPI

 

Il a notamment donné l'exemple aux différents médias des PAPI, ces programmes d'actions de prévention inondations entre l'Etat et les collectivités, qui existent bel et bien, mais "sont encore trop compliqués, prennent du temps", et encore "donnent parfois lieu à des controverses ou des désaccords".

 

Dans les vallées touchées, certains travaux avaient été entrepris dans le cadre la prévention des risques, mais il restait beaucoup à faire. Or, lorsque les aménagements sont réalisés, ils sont efficaces. Le chef de l'Etat a ainsi évoqué l'exemple de Nice au quotidien régional : "Il y a 26 ans, avec une même inondation, on était les pieds dans l'eau [à l'aéroport, NDLR] et tout était balayé. Mais en construisant en amont plusieurs digues jusqu'à l'embranchement des rivières affluentes, la politique de prévention a payé. C'est ce qu'il faut continuer à faire dans les différentes vallées."

 

Stratégie de résilience

 

"Après, des glissements de terrains peuvent intervenir qui sont les fruits d'une artificialisation parce que les sols se dérobent beaucoup plus vite et qu'il n'y a plus rien qui les tient. C'est pour cela qu'il faut remettre des éléments naturels et notamment de la forêt, dans les zones les plus sensibles", a-t-il poursuivi. Ainsi, au-delà du cas des Alpes-Maritimes, et dans une "stratégie de résilience", il faut désormais "penser l'aménagement de notre territoire et de notre pays différemment", afin de mieux résister aux crises, "climatique, pandémiques, de plus en plus violente", expliquait-il au micro de TF1 et de France 2.

 

Il a réaffirmé ainsi l'objectif de zéro artificialisation nette, et vanté auprès de Nice-Matin "une politique d'aménagement du territoire qui fait plutôt de la rénovation, de la ville sur la ville plutôt que de l'étalement urbain. C'est aussi d'aller vers une construction de nos paysages et de nos grandes infrastructures plus résilientes". Une stratégie, il l'a assuré, au cœur même du plan de relance français.

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