CATASTROPHE NATURELLE. Immédiatement après le passage de la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes, un appel à volontaires, lancé par le Conseil régional de l'Ordre des architectes et Architectes de l'urgence, a permis l'envoi de 23 volontaires sur place. Récit.

La tempête Alex, qui s'est abattue dans la nuit du vendredi 2 octobre, a provoqué des dégâts considérables dans les Alpes-Maritimes. Si les populations étaient prévenues, son intensité a dépassé toutes les prévisions. Des habitants ont perdu la vie. Des maisons, des équipements publics, des bâtiments des services de secours, des cimetières, des routes et des pans entiers de montagnes ont été emportés par les crues de la Tinée, de la Roya et de la Vésubie. Quelques heures de pluie diluvienne ont suffi à déstructurer totalement ces territoires de montagnes et, suivant le passage d'Alex, de nombreuses communes sont restées coupées du monde, sans accès à l'eau et à l'électricité, plongées dans une détresse totale.

Un élan de solidarité s'est très rapidement initié afin d'approvisionner les populations en biens de première nécessité. Les services de l'Etat, les collectivités territoriales et les citoyens ont fait preuve de générosité et de solidarité. Dans ce contexte, le Conseil régional de l'Ordre des architectes de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Croa Paca) s'est mobilisé, "certain que les architectes, ayant une grande connaissance du territoire et des acteurs locaux, pourraient également venir en aide aux personnes sinistrées".

 

 

Le 7 octobre, le Croa a lancé un appel à volontaires aux architectes du département afin de les engager dans la réponse d'urgence et d'accompagner le travail de la préfecture. En moins de trois jours, plus de 70 architectes ont répondu à cet appel. Conjointement avec le Croa, la Fondation des architectes de l'urgence a organisé la formation de 23 d'entre eux à la gestion de l'urgence, le 10 octobre, dans les locaux du Syndicat des architectes de la Côte d'Azur, à Nice.

 

Etat des lieux des trois vallées sinistrées

 

Dès le 12 octobre, sept architectes parmi les 23 formés ont ainsi pu rejoindre la "cellule bâtimentaire" établie par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pour réaliser un état des lieux dans les trois vallées sinistrées. Répartis en petites équipes composées d'un.e sapeur-pompier.e, d'un.e ingénieur.e et d'un.e architecte, ils ont procédé à un travail d'investigation selon une méthode de l'Association française du génie parasismique, basée sur des fiches analytiques.

 

"La bonne coordination menée par la DDTM ainsi que l'instantanéité de la remontée des informations ont permis la sécurisation rapide des sites les plus vulnérables", juge le Croa. Après avoir reçu de nombreux renforts, l'action d'investigation de terrain, initialement prévue pour 20 jours, n'en aura finalement durée que cinq (jusqu'au 16 octobre), se félicite-t-il.

 

Reconstruire de manière résiliente

 

Pour autant, indique l'Ordre, la réponse à l'urgence "n'est que la première étape d'un plus long processus de reconstruction". En effet, il reste de nombreuses réflexions à mener sur l'aménagement futur de ces vallées voire sur la construction de la résilience des territoires de toute la région face à la récurrence de ces événements climatiques.

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