POLITIQUE. Les difficultés de la deuxième ville de France en matière de rénovation urbaine, de sécurité, d'établissements scolaires ou encore de transports feront l'objet d'annonces de la part du président de la République, qui doit passer trois jours à Marseille.

Emmanuel Macron est arrivé, le 1er septembre après-midi, à Marseille, pour présenter un ambitieux plan destiné à répondre aux "urgences" sociales, éducatives, économiques et sécuritaires que cumule la deuxième ville de France, à huit mois de la présidentielle. Signe de l'importance qu'il veut donner à ce "plan Marseille", ce déplacement de deux jours et demi est le plus long que le chef de l'Etat consacre à une seule ville depuis le début de son quinquennat.

 

"C'est une ville dans une situation financière exsangue, qui n'est pas à la hauteur de ce qu'elle devrait être. Cela fait longtemps qu'elle rate ses rendez-vous", regrette son maire socialiste Benoît Payan, interrogé la veille par l'AFP. "On a une situation dans les services publics, dans les écoles, les équipements publics, sportifs, culturels qui ne va pas du tout", poursuit l'édile. "Les écoles sont indignes de la République, la situation du logement ne correspond pas à la sixième puissance du monde". Enfin, en matière de transport, La deuxième ville de France ne tient pas la comparaison avec Lyon, dont elle fait cinq fois la taille en surface, avec ses "deux lignes de métro inaugurées il y a 40 ans. Une grande métropole en Europe n'a pas été capable de faire une ligne de métro (de plus) en 40 ans !".

 

Un plan "école" à 1,2 milliards dans les tuyaux

 

Benoît Payan rappelle que la nouvelle municipalité, reprenant un travail enclenché durant la mandature précédente au vu de l'état désastreux de nombreuses établissements scolaires, a lancé "un plan à 1,2 milliard d'euros […] pour rénover, requalifier ou reconstruire" plus de 200 des 472 écoles de la ville. "Au moment où je vous parle, je n'ai pas la participation de l'Etat, mais personne ne peut imaginer, au vu des attentes colossales et au vu de la réalité, que le président de la République vienne jeter de la poudre de perlimpinpin", se rassure l'élu.

 

Il martèle que Marseille "est une ville qui est parfois moins dotée que les autres grandes villes françaises". Le maire espère que l'Etat se positionnera comme "partenaire" plutôt que "financeur".

 

Le plan "Marseille en grand" sera présenté le 2 septembre

 

Accompagné de sept ministres, le chef de l'Etat devrait donc annoncer, le 2 septembre, le déblocage d'importants moyens financiers pour, outre les écoles, les transports et la rénovation urbaine, dans un plan intitulé "Marseille en grand". Des investissements sont attendus, en outre, pour réhabiliter les logements insalubres, près de trois ans après la mort de huit personnes dans l'effondrement d'un immeuble rue d'Aubagne. Marseille compterait 40.000 taudis, selon la Fondation Abbé Pierre.

 

De leur côté, les acteurs locaux se montrent attentistes, rappelant qu'en 2012 le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait déjà présenté un plan global d'action pour "sortir Marseille de ses difficultés". "Mais on ne voit jamais rien, ils s'en foutent de nous", lâche, fataliste, Nair Abdallah, militant associatif à la cité Maison Blanche.

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