TRAVAUX PUBLICS. Le tribunal administratif de Marseille a demandé à la Solideo Alpes 2030 plus de transparence dans la construction des infrastructures destinées aux Jeux olympiques d'hiver de 2030.

Dans une ordonnance datée du 26 janvier 2026, consultée par l'AFP, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a demandé plus de transparence à la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) Alpes 2030. Le magistrat a ainsi "enjoint" l'établissement public, chargé de la livraison des infrastructures destinées aux Jeux olympiques d'hiver de 2030 organisés dans les Alpes françaises, "d'assurer la publicité prévue" par le code de l'environnement des réalisations dont il est le maître d'ouvrage.

 

Une obligation qui impose de mentionner "les objectifs et caractéristiques essentielles des ouvrages et [d'indiquer] sa décision de saisir ou de ne pas saisir la Commission nationale du débat public (CNDP), relativement à la décision de réaliser ces ouvrages", précise le juge. La Solideo Alpes 2030, créée en février 2025, indique de son côté dans un communiqué qu'elle va "se pourvoir en cassation", assurant qu'elle organise déjà des "réunions publiques."

 

Cette affaire est partie d'un collectif citoyen, JOP 2030, qui a lancé des procédures en septembre 2025 devant les tribunaux administratifs de Paris, Lyon et Marseille. L'organisme a demandé une saisie de la Commission nationale du débat public (CNDP) pour débattre de "l'intérêt général" des JO d'hiver et mettre en lumière de potentiels risques environnementaux.

 

1,4 milliard

 

Dans son ordonnance, le juge administratif reconnaît que le projet d'organisation des JO "comporte la réalisation de travaux publics et la réalisation d'ouvrages de grande ampleur concernant notamment la réalisation de complexes hôteliers, et d'infrastructures sportives, routières, autoroutières et ferroviaires dans les Alpes." Le magistrat estime en outre que "les requérants font valoir sans être sérieusement contredit sur ce point que ce projet est susceptible d'avoir une incidence notable et présente ainsi des risques importants sur l'environnement naturel dans lequel il s'insère en grande partie", souligne-t-il dans sa décision.

 

Pour la Solideo, le juge des référés "se borne à enjoindre l'établissement public à procéder à des formalités de publicité en mentionnant les objectifs et caractéristiques essentielles [des ouvrages], ainsi que les modalités de concertation relatives aux ouvrages olympiques".

 

L'établissement assure être "pleinement engagé dans une démarche de concertation sur l'ensemble des ouvrages olympiques, à l'instar des réunions publiques" qui ont été organisées en 2025 à La Plagne (Savoie), à Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie) et à Nice.

 

L'organisme JOP 2030 considère enfin qu'il s'agit "d'une fuite en avant dans le déni de démocratie". Exhortant à une "participation du public le plus rapidement possible", sur ce projet dont le coût est évalué à 1,4 milliard d'euros, dont 800 millions d'argent public, précisent nos confrères de l'AFP.

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