RESTAURATION. En parallèle de son audition au Sénat, l'animateur Stéphane Bern a indiqué que les sites et monuments historiques français avaient besoin de deux milliards d'euros pour pouvoir financer leurs opérations de sauvegarde. La deuxième édition du Loto du patrimoine a été lancée ce 1er février.

Alors qu'il se présentait devant la commission sénatoriale de la culture, de l'éducation et de la communication le mercredi 30 janvier dernier pour faire un point d'étape sur la Mission Patrimoine que lui a confiée Emmanuel Macron, Stéphane Bern s'est entretenu en parallèle avec l'Agence France Presse pour compléter ses propos. "On a 90 millions de visiteurs étrangers, on est le premier pays visité au monde et on ne fait que répéter que le patrimoine est une cause nationale. Mais on ne met pas les deux milliards d'euros nécessaires pour l'entretenir", a ainsi déploré le journaliste et animateur. "Les Allemands, les Anglais, les Autrichiens, qui sont moins visités que nous, ont cet argent pour entretenir et sauver leur patrimoine."

 

La deuxième édition du Loto du patrimoine lancée

 

Pour rappel, la première édition du Loto du patrimoine, lancé en partenariat avec la Française des Jeux pour mobiliser le grand public sur cette problématique (qui s'est fait l'écho de l'évènement sur Twitter), avait déjà rapporté début janvier quelques 19,6 millions d'euros. Si l'on ajoute les crédits du ministère de la Culture, les dons et autres actions de mécénat, ce sont 40 millions d'euros qui ont été consacrés au total à la sauvegarde des sites et monuments historiques en 2018. Selon un sondage cité par la Fondation du Patrimoine, on estime entre 3,2 et 4,4 millions le nombre de Français ayant joué à cette loterie exceptionnelle. Ce qui a motivé Stéphane Bern et le Gouvernement à organiser une seconde édition du Loto du patrimoine, qui a été officiellement lancée le vendredi 1er février dans la Sarthe.

 


 

Sur le bilan de la première édition, Stéphane Bern a complété les propos qu'il avait tenus à la commission sénatoriale : "On est en train de distribuer 19 millions d'euros pour des travaux d'urgence", répartis entre les 269 sites sélectionnés par la Mission Patrimoine. Les crédits supplémentaires débloqués devraient arriver "au compte-gouttes" selon le présentateur de "Secrets d'histoire", du fait de leur distribution par les Directions régionales des affaires culturelles (Drac). En septembre 2018, l'ex-ministre de la Culture Françoise Nyssen avait souligné, en dévoilant son projet de budget 2019, que 326 millions d'euros allaient être consacrés à la restauration du patrimoine durant cette année, soit une hausse de 4%.

 


 

Protéger le patrimoine, une mission d'intérêt général

 

Reprenant l'analyse qu'il avait déjà livrée aux sénateurs, établissant un lien entre préservation des vestiges historiques et révolte sociale des Gilets jaunes, Stéphane Bern a également demandé aux Français : "Aidez-moi pour le maillage territorial, vous serez proches des gens, c'est la réponse aux Gilets jaunes. Aidez les gens là où ils sont, pas à Paris." L'animateur a ajouté que la sauvegarde des monuments faisait "vivre le café, le commerce, [créait] de l'identité, du pouvoir d'achat, des emplois. [...] Sauver le patrimoine, c'est sauver les emplois : il y a 500.000 emplois directement impactés par le patrimoine." Stéphane Bern avait déjà eu l'occasion de mettre en garde sur le décalage entre Paris et le reste de la France, ainsi que sur les problèmes "d'ingénierie administrative" auxquels sont confrontées les petites communes, rouages essentiels de la démocratie locale. Enfin, il avait regretté que les Architectes des bâtiments de France n'aient pas les moyens de gérer tous les dossiers de restauration, pointant ainsi les conséquences de la loi Elan.

 


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