INNOVATION. Le centre scientifique et technique du bâtiment et la régie immobilière de la Ville de Paris renforcent leur collaboration, actée en 2018. Les deux entités souhaitent faire avancer la recherche sur la rénovation des bâtiments, dans une logique de durabilité.

Le pacte est scellé. Le centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et la régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) ont renouvelé leur partenariat de recherche pour trois ans. Débuté en 2018, celui-ci allie l'expertise pluridisciplinaire du CSTB et les projets de la RIVP, acteur majeur du logement à Paris qui gère plus de 62.000 logements sociaux. "Je suis fier de pouvoir signer cet accord afin de contribuer à une meilleure qualité de vie de nos locataires et relever les défis environnementaux", s'est réjoui Serge Contat, directeur général de la RIVP, dans un communiqué. "Travailler avec le CSTB, c'est s'assurer d'échanger avec des experts en combinant notre vision pratique", ajoute Simon Molesin, directeur technique et de développement durable de la RIVP, joint par Batiactu. "Nous avions travaillé ensemble à la détection de punaises de lit, en faisant des analyses de l'air et en collectant les substances émises par les punaises. C'est un sujet que nous souhaitons continuer de développer." "Nous sommes heureux de prolonger cette collaboration car le CSTB et la RIVP partagent la même vision de la recherche dans le bâtiment", déclare de son côté Sophie Moreau, directrice des partenariats au CSTB, contactée par Batiactu.

 

Des matériaux d'origine végétale

 

Cette annonce de renouvellement s'inscrit dans la volonté du maître d'ouvrage et de l'établissement public de réfléchir aux grands enjeux du bâtiment et de la ville durables. En effet, ces trois prochaines années seront consacrées au logement social et au bâtiment durable. Alors que la Réglementation environnementale 2020 (RE2020) est sur toutes les lèvres, le CSTB et la RIVP se pencheront sur les matériaux biosourcés, essentiels à la réduction de l'empreinte carbone des bâtiments. La recherche se tournera vers l'exploration de méthodes d'analyse multicritère de ces matériaux d'origine végétale, pour une approche durable, thermique et sécuritaire. Les filières doivent adapter leurs rythmes de production et de distribution pour ces matériaux plus respectueux de l'environnement.

 

Dans cette veine, la RIVP veut réduire le bilan carbone de son parc, en analysant la consommation énergétique de ses immeubles. L'objectif est de passer à des énergies moins carbonées, avec l'aide du CSTB, qui mènera une série de travaux à ce sujet. La question des îlots de chaleur urbains sera également posée, alors que des travaux sur le confort d'été des logements, à l'échelle des bâtiments, ont récemment été menés par la RIVP et le CSTB. "Notre ambition est la neutralité carbone en 2050. Avec les périodes caniculaires que nous avons connues, le confort d'été est devenu notre priorité. Nous avons testé un système de climatisation à basse consommation ou encore des vitrages à très fines lamelles qui filtrent le soleil en été et récupèrent les rayons de chaleur en hiver", explique Simon Molesin. "Le plus complexe reste la rénovation des bâtiments existants, notamment de ville, qui sont parfois classés et où il est donc compliqué de rénover par l'extérieur", accorde Sophie Moreau. Du côté de la santé publique, des travaux complémentaires à ceux déjà engagés sont prévus sur la qualité de l'air intérieur. "Avec les enjeux sanitaires d'aujourd'hui, nous devons explorer cette question", indique le directeur technique de la RIVP.

 

Réduire les charges des locataires

 

La rénovation thermique sera au cœur des discussions, avec l'usage de la maquette numérique à toutes les étapes des projets. Celle-ci permettra la sécurisation et l'optimisation des opérations de rénovation performante, tout en réduisant l'empreinte carbone des bâtiments et en diminuant les charges des locataires. Enfin, en partenariat avec d'autres bailleurs et des éditeurs de logiciel de gestion patrimoniale, la technologie du linked data sera étudiée pour optimiser la gestion et le traitement des données patrimoniales et techniques intégrées dans le Bim gestion exploitation maintenance. Une technologie utile pour constituer un entrepôt unique de multiples données, connectées à des outils métier. "Le Bim est aujourd'hui un outil numérique essentiel dans la conception, la gestion et l'exploitation du bâtiment", assure Sophie Moreau.

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