Le process de fabrication de la chaux aérienne consiste à cuire pendant plusieurs heures de la roche calcaire pure à 800-900°C, puis de la plonger dans l'eau pour la reconditionner sous différentes formes. Utilisée dans le monde entier depuis la nuit des temps, la chaux aérienne présente des qualités d'échanges de vapeur d'eau - elle ne forme pas une barrière étanche -, apparaissant comme une membrane avec une certaine porosité pour laisser respirer la paroi. Les enduits à chaux aérienne s'avèrent lumineux et "doux" à l'oeil, et seraient donc à ce titre plus intéressants que d'autres liants sur le plan esthétique. En outre, leur mise en oeuvre s'avèrerait plus facile et plus agréable que pour d'autres enduits, sans oublier des réglages de dosages plus pratiques.

 

Sur le chantier de réhabilitation de la basilique de Vézelay, les équipes de SNBR utilisent sous forme de pâte la chaux aérienne Tradical H98 du fabricant Lhoist (groupe BCB). Durabilité du produit et harmonisation avec l'existant ont également joué en la faveur de cette solution. "A partir d'un matériau basique, la chaux aérienne, on est capable de faire du grossier comme du fin, presque du sophistiqué", souligne Yannic Santandreu, responsable technique chez BCB. "100% du CO2 de la pierre vont s'évaporer dans l'atmosphère durant la cuisson. Après, on obtient de la chaux vive, un matériau sec très corrosif. L'eau va couper le feu de la chaux vive, désagrégeant la matière et la transformant en poudre sèche, ce qui donne de la chaux éteinte."

 

Cette poudre sera ensuite utilisée sur chantier en étant mélangée avec des granulats et de l'eau, de manière à obtenir un mortier appliqué de manière traditionnelle, avec une truelle. Les équipes commencent par réaliser un dégrossi, une sous-couche très épaisse mêlant chaux Tradical et pouzzolane, et ce en plusieurs passes sur une épaisseur variant de 2 à 5-6 centimètres, en fonction des dégradations. Cette couche épaisse permet déjà de régulariser la surface traitée et de neutraliser les sels. Après un séchage d'une quinzaine de jours, un enduit de finition composé de la Tradical H98 et de sable fin est appliqué sur une épaisseur de 5 à 10 millimètres. Vient la polissure, avec une légère pellicule de chaux mélangée à un sable très fin sur 1 à 1,5 millimètres - une spécificité du patrimoine bourguignon. Enfin, les équipes appliquent à la brosse un lait de chaux pour nuancer les surfaces rénovées, comme à l'époque romane.

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