Le nombre de défaillances dans le secteur du bâtiment a reculé de 16 % au premier trimestre 2016 par rapport à la même période de 2015, souligne ce jeudi le bureau d'études Altares. Ce sont en l'occurrence, les TPE qui profitent le plus de "l'amélioration de la conjoncture" au cours de ces trois premiers mois. Précisions.

C'est la semaine des bonnes nouvelles pour le BTP. Après la confirmation de la hausse de l'intérim de 7,1 % en mars dernier, voici le recul de - 16 % du nombre de défaillances d'entreprises sur les trois premiers mois de 2016 par rapport à la même période en 2015 pour la construction. Un secteur qui concentre près d'un quart des défaillances. Ce sont des entreprises qui ont été placées en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.

 

Après une hausse de 2 % début 2014, 11 % l'année suivante, le nombre de défaillances d'entreprises dans le BTP se rétracte donc à 3.940 (-16%) sur les 16.309 sociétés - tous secteurs confondus- enregistrées au premier trimestre 2016, a signalé l'étude du cabinet Altares*, jeudi 28 avril 2016.

 

Plus encourageant encore, l'embellie est équitablement partagée par le gros œuvre avec 2.294 défaillances, (- 15 %), le second œuvre, 1.377, (- 16 %) et les travaux publics, 236 (- 18 %), détaille l'étude.

Très forte baisse des défaillances des agences immobilières

Pour le bureau d'études, "le bâtiment bénéficie de la meilleure conjoncture de l'immobilier qui se concrétise notamment par une très forte baisse (- 40 %) des défaillances d'agences immobilières dont le nombre repasse très nettement sous le seuil des 200 (128) sur lequel buttait le secteur depuis de nombreux trimestres."

 

"Le bâtiment gagne en visibilité car la dynamique semble effectivement enclenchée dans l'immobilier. Depuis quelques mois, les permis de construire sont en hausse", souligne Thierry Millon directeur d'études d'Altares. Au-delà, "les délais de paiement semblent se réduire depuis mi-2015 et on sait que cette amélioration est suivie quelques trimestres plus tard par un recul des défaillances."

 

Les TPE redémarrent

 

Cette éclaircie s'explique aussi principalement par la meilleure santé des TPE poursuit-il. "Ces entreprises de moins de 10 salariés concentrent 93% des jugements d'ouvertures (Ndlr : de procédures) et pèsent donc fortement sur la tendance globale de sinistralité", explique Altares. Tout en précisant que "les tendances sont très positives." Moins d'un millier d'entreprises, exactement 983, ont été défaillantes au premier trimestre 2016, soit 21 % de moins qu'il y a un an (1.241). Ce qui est le meilleur chiffre de la situation des TPE depuis 2008.

 

De leur côté, les PME d'au moins 50 salariés, ont, quant à elles inversé favorablement la courbe des défaillances depuis deux ans et enregistrent désormais un nombre de défaillances au plus bas (108) sur dix ans, très en-dessous de la moyenne de cette période (131).

 

"Désormais, la machine s'est remise en marche, il est temps de rapidement fluidifier le financement des TPE, notamment sur les crédits de trésorerie, voire d'investissement", conclut le directeur d'étude d'Altares.

 

*Méthodologie
Les statistiques Altares de défaillances d'entreprises comptabilisent l'ensemble des entités légales disposant d'un numéro Siren (entreprises individuelles, professions libérales, sociétés, associations) et ayant fait l'objet d'un jugement d'ouverture de procédure prononcé par un Tribunal de Commerce ou de Grande Instance. Altares collecte ainsi près de 4.000 annonces non sirénées par an. Un traitement spécifique manuel d'identification du siren est réalisé permettant d'affecter un numéro de siren sur plus de la moitié des annonces. Les autres sont chargés dans la base de données Altares mais ne sont pas retenues dans les statistiques de défaillances.

 

 

 

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