Dans sa dernière étude, publiée jeudi 16 avril, le cabinet Altares rappelle que le secteur de la construction représente un quart des défaillances d'entreprise au premier trimestre 2015. En effet, près de 18.134 entreprises ont fait faillite entre janvier et mars derniers. Ce sont surtout les TPE qui paient le plus lourd tribut, alors que les PME s'en sortent mieux.

Le nombre de défaillances d'entreprises dans le secteur de la construction souffre encore beaucoup, signale l'étude Altares publiée ce jeudi 16 avril. Alors que 18.134 entreprises ont été placées en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire entre janvier et mars 2015, contre 16.858 un an plus tôt, près d'un 1/4 d'entre elles concernent le secteur du BTP.

 

En détails, 4.635 défaillances d'entreprises ont été comptabilisées par Altares au premier trimestre 2015 contre 4.180 au cours de la même période de l'année précédente.

1.128 entreprises de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment impactées

Ce sont aussi 1.128 entreprises de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment qui sont concernées au premier trimestre 2015 contre 978 en 2014, soit +15,3%. De leur côté, avec une augmentation de 20,9 % sur la même période, 139 sociétés spécialisées dans les travaux de terrassement courants et travaux préparatoires connaissent le même sort, contre 115 au T1 2014. A l'inverse, les dirigeants des entreprises de travaux de finition (-12,6%) sont moins impactés par la défaillance : 83 ont été placés en procédure au premier trimestre 2014 contre 95 au premier trimestre 2015.

Les TPE touchées

Ce sont surtout les TPE qui paient le plus lourd tribut, souligne l'étude. Les défaillances d'entreprise d'un seul salarié augmentent fortement de 54% alors que celles de deux salariés augmentent de 8%. "Le premier emploi est une charge financière que beaucoup d'entrepreneurs en panne d'activité semblent ne plus pouvoir assumer", commente Altares dans son communiqué.

 

De leur côté, les PME de plus de 50 salariés "emboîtent prudemment le pas de la reprise", complète le spécialiste des données sur les entreprises. Toutefois, "les PME plus modestes ont encore une activité irrégulière et insuffisante. Conséquence, 800 PME de 10 à 19 salariés (+12%) et 350 de 20 à 49 salariés (+26%)ont déposé le bilan ce premier trimestre 2015", complète la note semestrielle.

 

Côté perspectives, Altares reste prudent, mais elle remarque que "la lourde tendance de ce début 2015 efface les espoirs d'un retour à une sinistralité sous la barre des 60.000 défaillances à l'année.

 

"Si l'activité a redémarré pour les PME les plus structurées, elle s'avère en revanche encore trop irrégulière pour les acteurs plus modestes pour lesquels la bataille des prix, quand ils ont encore les moyens de la mener, est insuffisante pour gagner des marchés. Pour nombre de TPE la reprise semble trop loin et il faudra tenir encore quelques mois", conclut le cabinet d'études.

 

"Il est donc urgent d'élaborer des dispositifs de créations d'emplois adaptés aux TPE et surtout de déverrouiller un droit du travail devenu destructeur d'emplois", signale à son tour Guillaume Cairou, président du Club des Entrepreneurs.

Des données de la Banque de France plus optimistes

Toutefois, ces derniers chiffres ne rejoignent pas exactement les indications de la Banque de France du 10 avril 2015 : "Le nombre de défaillances d'entreprises à fin janvier a retrouvé son niveau de janvier 2014, s'établissant à 62.709 (en cumul)", signalait-t-elle. Avant de préciser que les secteurs les plus touchés sont l'immobilier (+3,6%) et la construction (+2,4%).

 

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