La fin d'année 2015 aura été fatale pour les défaillances d'entreprises qui ont vu leur nombre augmenter, alors que l'espoir d'une amélioration durable faisait son apparition. Au total, ce sont un peu plus de 63.000 entreprises qui sont touchées, tous secteurs confondus, celui de la construction s'en sortant finalement assez bien. Détail avec la dernière étude Altarès.

« Le premier trimestre avait établi un record de défaillances avec plus de 18 000 ouvertures de procédures (…). Le printemps puis l'été ont maintenu l'espoir d'une amélioration durable, octobre mettait encore le dernier trimestre sur les bons rails ; mais la toute fin d'année n'a pas permis de tenir le rythme et de placer 2015 dans le vert. Plus de 10 000 entreprises sont tombées en défaillance sur les seuls deux derniers mois de l'année », analyse Thierry Million, directeur des études chez Altarès.

 

Ainsi, ce sont 63.081 entreprises défaillantes qui ont été recensées sur l'année 2015, avec une progression de 1.6% au 4e trimestre (15.914) et une dégradation de plus de 16% sur le seul mois de décembre 2015. En détails, les tribunaux ont prononcé 1.533 procédures de sauvegardes (-5.4%), 18.370 redressements judiciaires (+1.5%) et 43.178 liquidations judiciaires directes (+0.7%). Plus généralement, ce sont les petites entreprises qui sont le plus touchées, en cette fin d'année, en particulier celles s'adressant au particulier. Les PME orientées plutôt B2B restent moins vulnérables.

 

18.000 défaillances dans la construction

 

Dans cette tourmente, le secteur de la construction résiste, analyse Altarès, avec une légère dégradation à -0.7% porté par la tendance du second oeuvre (-1.7%), qui concentre la moitié des défaillances du secteur (plus de 9.000 sur les 18.000 au total. En revanche, le gros œuvre reste mal orienté (+3.7%). Dans les Travaux publics, le chiffre recule de 4.7%, une bonne nouvelle au premier abord, mais qui masque une réalité fragile, conduisant les tribunaux à prononcer davantage de liquidations directes et moins de redressements judiciaires. Dans l'immobilier, la situation s'améliore très sensiblement pour les agences (-9.3%). Enfin, du côté des services aux entreprises, les activités d'architecte et d'ingénierie enregistrent de bons chiffres (-4.2%).

 

Quid en 2016 ? « Les chiffres records du premier trimestre (18 000 défaillances, +8%) ne devraient pas être reproduits en ce début d'année 2016. La conjoncture se solidifie, la croissance est à nouveau au rendez-vous ! En 2015, les PME ont emboité le pas aux grandes entreprises et ETI, il faut maintenant que les TPE embrassent à leur tour la reprise. Les carnets de commandes se regarnissent mais le retour des clients est mécaniquement gourmand en fond de roulement. (…) L'objectif des 60 000 défaillances à fin 2016 est atteignable, mais il faudra attendre encore avant d'effacer plus de sept années de crise et revenir aux 55 000 défaillances de 2008. » Conclut Thierry Millon.

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