ÉNERGIE. Comme le Gouvernement et EDF l'avaient annoncé en janvier 2020, la centrale à charbon du Havre, une des quatre dernières installations de ce type en France, a définitivement arrêté sa production ce 1er avril 2021.

Depuis le 10 mars 2021, la centrale à charbon du Havre, en Seine-Maritime, a cessé de produire de l'électricité en raison de l'épuisement de son stock de combustible. L'installation a été déconnectée du réseau de distribution électrique quelques jours après, et a fermé officiellement ses portes ce 1er avril 2021, selon Frédéric Guérin, secrétaire CGT du comité d'entreprise du site, cité par l'AFP. Un calendrier conforme à ce que le Gouvernement et EDF, exploitant de la centrale, avaient annoncé en janvier 2020.

 

Lancée en 1968, l'installation a employé au plus fort de sa production jusqu'à 560 personnes, toujours d'après le syndicaliste. Aujourd'hui, 170 salariés d'EDF et 72 employés de sous-traitants permanents seraient directement concernés par la fermeture du site, cette fois selon l'énergéticien. La CGT, elle, parle de 300 personnes impactées, dont 90 travaillant pour des sous-traitants et le port du Havre. Les "clés de la centrale doivent être remises à ceux qui vont la démanteler à l'été 2022" après notamment "six mois de mise en sécurité" du complexe, a ajouté Frédéric Guérin. Du côté d'EDF, on estime que "le chantier de déconstruction des installations devrait nécessiter une dizaine d'années".

 

Une éventuelle conversion à la biomasse pour la centrale de Cordemais, en Loire-Atlantique

 

Pour rappel, la fermeture des quatre dernières centrales à charbon de l'Hexagone avait été décidée sous le quinquennat de François Hollande, pour une échéance fixée à "l'horizon 2023". Cette date a finalement été ramenée à 2022 sous la présidence d'Emmanuel Macron. De fait, le site de Saint-Avold, en Moselle, doit cesser son activité en mars 2022. La centrale de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, est déjà à l'arrêt depuis deux ans, marquée par un conflit social. Ces deux installations sont la propriété du groupe GazelÉnergie, tandis qu'EDF possède, en plus du site du Havre, la centrale de Cordemais, en Loire-Atlantique.

 

Cette dernière a fait l'objet d'une suggestion de RTE, le gestionnaire du réseau électrique à haute tension, dans son dernier rapport sur l'approvisionnement électrique de la France à l'horizon 2030 : elle pourrait être "[maintenue] en disponibilité" ou "[convertie] à la biomasse pendant quelques années". Le ministère de la Transition écologique, pour sa part, a indiqué "souhaiter que, si Cordemais devait perdurer de manière marginale, ce soit avec de la biomasse". Car en effet, "la sécurité d'approvisionnement" en électricité "reste sous vigilance" de RTE pour les trois prochains hivers au moins, à cause de la faible disponibilité du parc nucléaire engendrée par des maintenances prolongées et au retard du chantier de l'EPR de Flamanville, dans la Manche.

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