ÉNERGIE. En visite en Moselle ce 16 janvier 2020, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon a signé un projet d'accompagnement de la centrale à charbon de Saint-Avold, dont la fermeture est programmée en 2022, comprenant 250 millions d'euros d'investissements sur cinq ans.

Emmanuelle Wargon poursuit sa tournée des quatre dernières centrales à charbon de France : en visite en Moselle ce 16 janvier 2020, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique a signé un projet d'accompagnement du site de Saint-Avold, prévoyant 250 millions d'euros d'investissements sur cinq ans, d'après l'AFP. L'une des tranches de production de la centrale Emile-Huchet, fonctionnant au charbon, doit effectivement fermer en 2022, en accord avec la loi Energie climat récemment ratifiée par le Parlement. L'installation, qui a été rachetée par le groupe tchèque EPH à l'allemand Uniper en juillet 2019, produit également de l'électricité grâce à deux cycles combinés gaz. Mais sur les 140 personnes employées sur la centrale, une centaine serait impactée par l'arrêt de l'activité charbon.

 

Les différentes parties - l'Etat, la préfecture de Moselle, quatre communautés d'agglomération, l'Agence régionale de santé ou encore l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie - se veulent pourtant rassurantes avec ce projet dit de territoire du Warndt Naborien : "Nous avons développé avec Gazel Energie (filiale du groupe EPH) un projet de chaudière de production vapeur à partir de combustibles alternatifs", a indiqué le directeur du site, Thomas Amery, à l'agence. Ce nouvel outil industriel, dont la production pourrait démarrer "en 2023-2024", est "un des éléments de réponse à la problématique (de l'arrêt) de l'unité charbon" selon le responsable, qui a précise que Gazel Energie souhaitait "se développer en France et plus particulièrement sur le site de la centrale Emile-Huchet".

 

Une fermeture dont les conditions "ne sont pas éclaircies à ce jour"

 

Un discours qui ne convainc pas l'ensemble des collaborateurs : quelques dizaines de salariés de la centrale se sont rassemblées à l'arrivée d'Emmanuelle Wargon "en soutien aux conditions des agents concernés par la fermeture, qui ne sont pas éclaircies à ce jour", d'après Bianca Sansinena, secrétaire générale CGT. D'après la responsable syndicale, les inquiétudes se cristalliseraient sur "le maintien des contrats de travail jusqu'à la mise en service" de la chaudière à combustibles. Un appel à la grève avait à ce sujet été lancé en octobre 2019 par une intersyndicale rassemblant CGT-FO-CGC-CFTC, mais la secrétaire générale CGT estime que le compte n'y est pas : "On n'a pas obtenu de réponse, on se réserve le droit de repartir en grève".

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