AMENAGEMENT DU TERRITOIRE. En présence de Julien Denormandie, ministre du Logement, l'organisme paritaire a lancé ce mardi 19 novembre un appel à manifestation d'intérêts pour la transformation de bureaux vacants en logements. L'ex-1% Logement créera une foncière dédiée dans quelques semaines.

Transformer des bureaux vides en logements. L'idée tombe sous le sens dans les zones tendues, caractérisées par un déséquilibre entre l'offre et la demande de biens. Mais il s'agit d'opérations complexes et onéreuses. Pour les faciliter, le gouvernement s'est doté d'outils ces dernières années, dans le cadre de la loi Élan, via, notamment, le bonus de constructibilité. Afin d'accélérer la cadence, les pouvoirs publics enrichissent aujourd'hui leur palette d'intervention au travers d'Action Logement. L'ex-1% Logement a annoncé ce mardi 19 novembre le lancement, "dans quelques semaines", d'une société foncière dédiée à l'acquisition de bureaux vacants, à leur portage financier et à l'identification des opérateurs qui mèneront à bien leur reconversion en logements, principalement sociaux et intermédiaires. Le tout en partenariat avec les collectivités locales.

 

Cette foncière, qui sera une filiale d'Action Logement Immobilier, elle-même filiale d'Action Logement Groupe, disposera à cet effet de 1,2 milliard d'euros, dont 600 millions de fonds propres et 600 millions de prêts. La création de cette foncière s'inscrit dans le cadre du plan d'investissement volontaire de 9 milliards d'euros présenté au printemps dernier par l'organisme paritaire. "Plusieurs milliers" de logements seront ainsi proposés en 2022, a promis Bruno Arcadipane, président d'Action Logement.

 

L'AMI est ouvert jusqu'au 29 février 2020

 

Afin d'identifier les locaux d'activité susceptibles de connaître une deuxième vie sous forme de logements, l'organisme paritaire a lancé ce mardi un appel à manifestation d'intérêts (AMI). Les propriétaires fonciers ont jusqu'au 29 février pour se manifester. Un horizon très proche des élections municipales, traditionnellement caractérisées par un attentisme en matière d'urbanisme durant les mois précédant et suivant le scrutin. "Les maires nouvellement élus sont friands de projets, la conjoncture sera donc porteuse", a rétorqué Jean-Louis Missika, l'adjoint à la maire de Paris en charge de l'urbanisme, lors de la conférence de presse d'Action Logement.

 

Une première liste de biens en petite couronne

 

Sa présence était tout sauf anodine, l'le-de-France étant l'archétype des zones tendues. Or l'Observatoire régional de l'immobilier d'entreprise en Ile-de-France avait identifié en 2018 pas moins de 900.000 mètres carrés de bureaux vacants depuis plus de quatre ans, dans la région, notamment parce que leurs usages ne correspondent plus aux attentes des entreprises. Une première liste de biens a été identifiée, "concentrée sur l'Ile-de-France, plutôt en petite couronne, dans des secteurs présentant une attractivité résidentielle forte", a précisé Damien Robert, directeur général délégué au développement de Grand Paris Aménagement, missionné il y a un an et demi par le ministre du Logement Julien Denormandie pour dresser un état des lieux du sujet. "Aujourd'hui, l'inertie du marché fait que les bureaux vacants se trouvent plutôt à l'Est (de Paris) et que la transformation de bureaux en logements coûte plus cher à l'Ouest", a complété Jean-Louis Missika, qui estime nécessaire de rééquilibrer l'offre de logements vers l'Ouest.

 

Les candidatures à l'appel à manifestation d'intérêt recevront une réponse 45 jours après leur dépôt et une analyse technique, juridique et de faisabilité, d'une durée de deux à trois mois, débutera alors pour les dossiers présélectionnés. La création de la foncière d'Action en Logement "n'enlève rien au travail accompli par l'Etablissement public foncier d'Ile-de-France et les autres EPF, mais si l'on veut changer d'échelle dans la reconversion de bureaux en logements, il est bon qu'il y ait de nouveaux acteurs", a souligné Julien Denormandie. Une saine émulation, autrement dit.

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