CHANTIER. Lors de la publication de ses résultats semestriels ce vendredi 26 juillet 2019, EDF a indiqué que le verdict de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur les huit soudures défectueuses du futur EPR de Flamanville (Manche) l'oblige à repousser, une nouvelle fois, la mise en service de cette centrale qui accumule les retards et les déboires financiers.

C'était prévisible, et la confirmation est tombée ce 26 juillet 2019. Suite à un courrier du 19 juin 2019 dans lequel l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait demandé à EDF de réparer les huit soudures de traversée sur le chantier de l'EPR de Flamanville (Manche), l'énergéticien est revenu sur ce dossier délicat lors de la présentation de ses résultats semestriels ce jour.

 

10 ans de retard sur le calendrier initial

 

Il est maintenant évident pour EDF qu'un énième retard va ternir le chantier de la centrale nucléaire de Flamanville : "la mise en service ne peut être envisagée avant fin 2022" d'après un communiqué du groupe, en raison des travaux qui ont été exigés par l'ASN. Après avoir pris connaissance, dans un premier temps, de la décision de l'autorité, EDF précise aujourd'hui que "trois scénarios de remise à niveau des soudures de traversée sont à l'étude", ajoutant : "Après instruction détaillée des trois scénarios et échanges avec l'ASN, le groupe communiquera dans les prochains mois sur les implications du scénario retenu en termes de planning et de coût". Car les opérations préalables aux réparations, puis les réparations en elles-mêmes et enfin la phase de tests et de validation par l'ASN pourraient bien s'étaler sur trois ans.

 

Au bout du compte, l'EPR de Flamanville accuse un retard de 10 ans sur son calendrier initial : l'entrée en service était d'abord prévue pour 2012, et est maintenant programmée pour 2022, avec ce retard supplémentaire de trois ans sur la dernière projection en date, qui tablait sur un chargement du combustible atomique vers fin 2019. Quant à la facture totale, elle s'élève pour l'heure à 10,9 milliards d'euros.

 

Pour amortir ces nouveaux déboires, EDF peut s'appuyer sur des résultats financiers confortables à mi-parcours de l'exercice budgétaire 2019. Sur les six premiers mois de l'année, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 4,3%, à 36,5 milliards d'euros. Un niveau plutôt stable, qui s'inscrit dans un contexte économique et industriel favorable, grâce notamment aux conditions de prix de marché dans l'Hexagone. L'énergéticien s'est par ailleurs fixé un objectif de production nucléaire de 395 TWh pour l'année 2019, ce qui est en légère progression par rapport aux 393 TWh produits en 2018. A fin juin 2019, quelque 203,7 TWh avaient déjà été enregistrés à l'échelle nationale.

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