ARTISANAT. Pour ses Rencontres qui se déroulaient ce jeudi 26 septembre à Paris, l'union des entreprises de proximité a notamment demandé une rémunération des apprentis basée sur le niveau de formation et non plus sur l'âge. Sur le sujet des retraites, la perspective d'une ponction sur les réserves des régimes de retraite complémentaires représenterait un "casus belli" pour Alain Griset, à la tête de l'U2P.

Une ministre et un Haut-commissaire. Pour ses Rencontres qui se déroulaient ce jeudi 26 septembre à Paris, l'union des entreprises de proximité (U2P) a reçu Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites. Difficile, pour les entreprises de proximité, qui représentent trois millions de sociétés en France, de trouver meilleure occasion d'interpeller le gouvernement sur les principaux sujets qui leur tiennent à cœur. A commencer par l'apprentissage, "essentiel pour nos secteurs d'activité", selon Alain Griset, et qui vient de franchir pour la première fois la barre des 458.000 apprentis d'après Muriel Pénicaud. Le président de l'U2P demande aux pouvoirs publics que le coût-contrat soit le même pour tous au 1er janvier 2020, afin que les contrats d'apprentissage signés en 2019 ne soient pas gérés dans le cadre de l'ancien système. Et ce, parce que le nouveau coût-contrat est plus avantageux, puisqu'il est supérieur de 7% en moyenne aux anciens coûts préfectoraux. "Nous sommes en train de regarder ce sujet", a répondu Muriel Pénicaud.

 

L'U2P souhaite également que l'aide versée par l'Etat aux entreprises de proximité qui recrutent des apprentis soit élargie à la préparation de diplômes allant jusqu'au niveau Bac+2, au lieu de rester cantonnée à un niveau inférieur ou égal au Bac. Troisième et dernière doléance concernant l'apprentissage, l'U2P estime que le critère de rémunération des apprentis ne doit plus être l'âge mais le niveau de formation. Pour Alain Griset, "il n'est pas possible de dire à un apprenti "tu coûtes trop cher car tu es trop vieux !""

 

"La solidarité nationale, oui, l'assistanat, non"

 

L'U2P a aussi entrepris Muriel Pénicaud sur le sujet de la représentativité patronale. "Le dialogue social ne doit pas être mobilisé par les grandes entreprises", s'agace Alain Griset. Qui demande donc une réforme du système actuel de la représentativité patronale, basée sur le nombre de salariés. "Un problème chaud, dont on ne peut pas ne pas discuter", a admis la ministre du Travail. Un groupe d'experts composé de juristes et d'économistes va ainsi être mis en place, a indiqué Muriel Pénicaud.

 

Le tout nouveau Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a lui aussi fait l'objet de plusieurs sollicitations de la part de l'U2P. D'abord sur le plafond de cotisations de 120.000 euros de revenus d'activité que le rapport de Jean-Paul Delevoye préconise de mettre en place. Et que l'U2P juge "inacceptable", au titre de la « liberté de choix » que les chefs d'entreprises de proximité, qui "ont mis leur argent dans leur société", veulent garder. Autre cheval de bataille, le montant des cotisations. L'U2P demande que leur augmentation soit neutralisée par une modification de l'assiette actuelle des indépendants. Mais c'est surtout la perspective d'une ponction sur les quelque 130 milliards d'euros de réserves des régimes de retraite complémentaires, dont 17 milliards pour celui des artisans et des commerçants, qui déclenche l'ire d'Alain Griset : "Il s'agirait d'un hold-up, d'une spoliation, d'un casus belli pour l'U2P", a lancé son président. "La solidarité nationale, oui, l'assistanat, non, les fourmis n'ont pas envie qu'on leur fasse les poches pour financer les cigales", a insisté Alain Griset, pointant du doigt la SNCF et la RATP.

 

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