CRISE. Alain Griset, président de l'U2P, a tenu ce mercredi 19 décembre 2018, une conférence de presse afin d'évoquer les conséquences du mouvement des gilets jaunes sur les entreprises de proximité. Il a également présenté d'éventuelles mesures d'urgence à prendre.

"La société française est en crise. Il y a une fracture sociale et territoriale qui a amené au mouvement des gilets jaunes", a expliqué Alain Griset, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), lors d'une conférence de presse organisée, ce mercredi 19 décembre 2018, afin d'évoquer les problématiques liées à ces manifestations. Accompagné de Patrick Liébus et Bernard Stalter, respectivement premier et quatrième vice-président de l'U2P, Alain Griset a indiqué "comprendre les manifestants, ils partagent d'ailleurs des sujets portés par l'U2P". Cependant, les différents événements comme les blocages de rond-point ou les casses sur les chantiers ont fortement impacté les entreprises représentées par l'organisation. Dans le secteur de la construction, les différents retards sur les chantiers font craindre à Patrick Liébus, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), une forte chute du marché, "on va arriver en 2019 avec quelques inquiétudes". L'U2P s'inquiète du manque de chiffre d'affaires qui pourrait compromettre la survie de certaines entreprises.

 

L'U2P appelle à des mesures d'urgence

 

Afin d'éviter le pire pour ces sociétés, l'U2P propose des mesures complémentaires à celles annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre dernier. Tout d'abord : "une exonération des charges relatives au 4e trimestre pour les entreprises de moins de 50 salariés qui accusent des pertes d'au moins 30 % de chiffre d'affaires", puis "l'annulation des pénalités et majorations de retard, des délais de paiement supplémentaires et des reports de charges". Alain Griset souhaite également "l'accélération des dossiers d'indemnisation par les assurances" et "la réactivation du dispositif d'aide au redémarrage pour les entreprises ayant connu des dégradations".

 

Si les différentes mesures du gouvernement ont été bien accueillies par l'U2P, Patrick Liébus s'est tout de même montré méfiant : "Comment tout cela se finance ? Par qui ? Quels impacts sur les entreprises ? Il ne faudrait pas qu'on puisse dire que l'on nous donne d'un côté pour nous reprendre de l'autre. Si la méthode est ainsi et que la tension monte, on sera extrêmement vigilant et réactif". Alain Griset défend lui une mise en œuvre "simple" des annonces du président de la République : "Tout ce qui est compliqué dans nos entreprises, ça ne marche pas". Il ajoute également que "les braises sont encore chaudes. Revenir sur des annonces qui ont été faites, dans la situation actuelle, serait une catastrophe. Déjà qu'il y a un manque de confiance des Français vis-à-vis du Gouvernement, on peut s'attendre au pire".

 

Fin des manifestations, début des débats

 

L'U2P ne souhaite pas "une rentrée chaude". Alain Griset a appelé à la fin des manifestations pour démarrer une phase de débats. Dès janvier 2019, l'organisation va aller à la rencontre des entreprises de proximité pour enregistrer les volontés des dirigeants, et les transmettre au Gouvernement. "La raison pour laquelle on fait cela, c'est simplement que l'on constate qu'il n'y a pas de politiques identifiées des secteurs d'activités que représente l'U2P, que ce soit l'artisanat ou les professions libérales. Il y a des mesures globales dans lesquelles on peut être intégrées, notamment les primes, mais il n'y a pas de politiques dans nos secteurs avec une perspective de développement ou d'accompagnement. C'est extrêmement pénalisant", explique le président de l'U2P.

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