ENERGIES MARINES. Le prototype à échelle réduite d'éolienne flottante Eolink va être ramené à quai prochainement. Elle vient d'achever des essais de tenue à la mer et de puissance plus que concluants. Prochaine étape : passer à un modèle quasi-taille réelle.

"Notre prototype d'éolienne a largement dépassé l'objectif de puissance attendu : nous avons atteint l'équivalent de 14 MW à taille réelle, un niveau supérieur aux 12 MW visés", annonce avec joie Marc Guyot, le fondateur de la société Eolink. Mis à l'eau le 19 avril 2018, à Sainte-Anne-du-Portzic (Finistère) sur un site expérimental de l'Ifremer, le modèle réduit de la machine doit être ramené à quai ce 5 octobre. La structure de 7 mètres de long et 6 mètres de large, dont les pales culminent à 22 mètres au-dessus des flots, s'est bien comportée face aux éléments marins. "Nous avons eu des pointes de vent jusqu'à 90 km/h, soit l'équivalent de 270 km/h à l'échelle 1 : notre concept de gros rotor sur petit flotteur fait donc ses preuves".

 

L'échelle 1/10e pour ce premier modèle a été dicté par les conditions de vagues sur le site expérimental breton, où leur hauteur peut atteindre les 2 ou 3 mètres, soit exactement dix fois moins que celles observées plus au large, là où les éolienne flottantes seront effectivement déployées. Outre la résistance à la houle, le petit modèle a également démontré sa capacité à s'orienter correctement face au vent, selon différentes conditions de courants. Tous les paramètres et modes de contrôle ont été testés aux cours de l'été.

 

Le modèle suivant sera huit fois plus grand

 

La prochaine étape, pour Eolink sera de développer puis de mettre à la mer un prototype à l'échelle 4/5e, soit une machine de près de 180 mètres de hauteur au sommet des pales et d'une cinquantaine de mètres de côté pour le flotteur. La société, qui travaille en partenariat avec l'Ifremer (en charge de la maintenance et du suivi des ancrages) avec le soutien de la région Bretagne, prévoit que ce nouveau pas sera franchi en 2021. Rappelons que par son architecture particulière, à quatre bras fins au lieu d'un mât unique, permet d'associer un rotor de plus grand diamètre à un flotteur plus réduit. D'où une réduction des coûts de construction et une amélioration du rendement des projets, avec en ligne de mire, un prix de l'électricité de l'ordre de 50 à 70 €/MWh, soit entre la moitié et le tiers des prix actuels de l'éolien offshore en France.

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