RÉFLEXION. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) de Paris-Île-de-France a rendu public ce 22 octobre 2019 son livre blanc intitulé "Mieux vivre et travailler à Paris" : plusieurs dizaines de propositions y sont compilées pour faciliter le quotidien des salariés et des artisans dans la capitale.

Les artisans se lancent eux aussi dans les élections municipales de 2020 : ce 22 octobre 2019, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) de Paris-Île-de-France a publié un livre blanc intitulé "Mieux vivre et travailler à Paris", au sein duquel plusieurs dizaines de propositions visant à faciliter le quotidien des salariés et des chefs d'entreprises artisanales sont compilées. "Il est difficile de vivre et de travailler à Paris", déplore le président de l'antenne francilienne de la CPME, Bernard Cohen-Hadad. "C'est le parcours du combattant pour créer son activité, se loger, se déplacer, élever ses enfants et vivre en sécurité. Le livre blanc que nous remettons aux candidats aux élections municipales, et que nous versons plus largement au débat public, cherche à répondre à ces attentes et aux besoins exprimés par les 'petits patrons parisiens' dans la perspective de ces élections."

 

Des chefs d'entreprises qui sont malgré tout 81% à juger la capitale dynamique, et 76% à la trouver moderne et innovante, d'après un sondafe Ifop-CPME Paris-Île-de-France réalisé en septembre 2019. Mais 88% d'entre eux estiment la circulation problématique, tout comme le stationnement (86%), talonné par le logement (72%) et la propreté (65%). Le bilan de la maire socialiste sortante, Anne Hidalgo, divise les artisans : 49% en sont satisfaits. Et parmi les candidats (déclarés ou non) à l'élection de l'année prochaine, c'est Benjamin Griveaux (LREM) qui arrive en tête des intentions de vote des sondés, avec 28%, suivi par Rachida Dati (LR, 24%) et Anne Hidalgo (PS, 23%). Partant de ce constat, les propositions de la CPME se décomposent en 6 axes.

 

Généraliser un conseil économique et social de représentants professionnels et conclure un "Parisian Small Business Act"

 

En premier lieu, l'organisation veut repenser les relations avec les pouvoirs publics, en intégrant mieux les professionnels aux prises de décisions. Pour cela, elle propose d'instaurer un conseil économique et social composé de représentants patronaux, syndicaux et associatifs, et placé auprès de la mairie de Paris. Une instance de concertation qui pourrait ensuite être déclinée dans chaque mairie d'arrondissement. Ensuite, la CPME veut favoriser le développement de l'activité et l'accompagnement des professionnels : avec 99,8% de TPE-PME chez les entreprises parisiennes (d'après les chiffres de la Direccte* Île-de-France), l'enjeu est de conclure un "Parisian Small Business Act" "qui [faciliterait] l'accès des TPE-PME aux marchés publics de la Ville de Paris en augmentant la part de la commande qui leur est réservée, en nombre comme en valeur". Par ailleurs, le doublement du nombre de quartiers éligibles au dispositif "Vital Quartier", le renforcement des moyens alloués au mécanisme "Paris Commerces", le plafonnement des loyers des baux commerciaux des bailleurs sociaux dans les Quartiers politiques de la ville et l'extension des Zones touristiques internationales à toute la capitale sont inscrits au programme.

 

Faciliter les trajets domicile-travail doit aussi être une priorité pour la CPME, qui souhaite "mettre au point une grille de cotation dédiée aux employés des métiers en tension et en horaires décalés et leur réserver 1 logement social sur 4". Plus largement, l'idée serait de faire du temps de trajet domicile-travail un critère dans l'attribution des logements sociaux et de faire gérer le parc social à l'échelle de la Métropole du Grand Paris (MGP), tout en re-conventionnant certains logements très sociaux en logements sociaux et intermédiaires. La gouvernance des transports sur le territoire de la Ville pourrait être simplifiée, de même qu'une voie spécifique pourrait être réservée au covoiturage sur le périphérique entre 8 heures et 20 heures.

 

Etendre le plan "Eco-rénovons Paris"

 

De manière à "créer les conditions d'une qualité de vie durable", la CPME insiste sur le rôle joué par le bâtiment : "En Île-de-France, 60% de l'énergie est consommée par les bâtiments. La rénovation énergétique fait donc partie intégrante de l'enjeu du dérèglement climatique." Alors que 300 chantiers de modernisation sont en cours dans le cadre du programme "Eco-rénovons", l'organisation envisage "d'étendre largement le plan 'Eco-rénovons Paris' qui subventionne la réalisation d'audits énergétiques et encourage les rénovations". De même, l'exonération de taxe foncière prévue par le Code général des impôts dans le cadre des travaux de rénovation énergétique doit être encouragée.

 

Niveau mobilités, et sachant qu'1 artisan sur 10 refuse des chantiers dans le centre de Paris à cause des bouchons, la CPME propose d'instituer un péage urbain diurne (de 8h à 20h) avec une tarification différenciée en fonction de la taille du véhicule et de ses émissions de CO2 et avec une gratuité pour certains types de véhicules, comme les bétonnières ou les pelles. La densification du réseau de bornes de recharge électrique et le développement des aides aux professionnels pour l'acquisition de véhicules à faibles émissions font aussi partie des propositions. Enfin, la CPME envisage de "créer un réseau de transports secondaires propres entre les principaux sites de tourisme d'affaires et de loisirs - y compris par voie fluviale - afin de soulager le réseau principal utilisé quotidiennement par les Parisiens". Il ne reste plus qu'à attendre les réponses des candidats.

actionclactionfp