Seulement deux lignes de TGV et cinq tronçons d'autoroutes parmi les grands chantiers du Grenelle de l'environnement ont été jugés prioritaires par le rapport de la commission Mobilité 21, chargée de bâtir l'avenir des infrastructures lors des 25 prochaines années. Les experts insistent notamment sur "l'amélioration du réseau existant" alors que la FNTP craint déjà des retombées négatives sur l'emploi. Explications et réactions.

Seulement deux lignes de TGV et cinq tronçons d'autoroutes parmi les grands chantiers du Grenelle de l'environnement ont été jugés prioritaires par le rapport de la Commission Mobilité 21, présidée par Philippe Duron, a été remis jeudi 27juin au ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier. Tout d'abord, les branches Sud et Ouest du TGV Rhin-Rhône et le TGV Paris-Lyon via Nevers ne devraient plus être d'actualité avant 2030. En revanche, l'aménagement de la Route Centre Europe Atlantique devrait être poursuivi, selon les préconisations du rapport de la Commission Mobilité 21.

 

Dans ses recommandations au Gouvernement, dont une grande partie d'entre elles était dévoilée vendredi dernier dans la presse, la commission "Mobilité 21" sur les infrastructures de transport a surtout mis "l'accent sur la desserte de proximité et l'amélioration des réseaux existants" plutôt que sur "la création de nouvelles lignes TGV dans une période de contrainte budgétaire."

 

Fin du SNIT de l'ère Sarkozy
Exit ainsi le Schéma national des infrastructures de transport(SNIT) élaboré sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Chiffré à 245 milliards d'euros et comprenant 70 projets, ce schéma était jugé irréalisable, l'agence chargée de le réaliser ne disposant que d'un budget d'un milliard d'euros par an. Le Gouvernement avait donc demandé à la commission Mobilité 21 de hiérarchiser les projets et de définir des priorités.

 

"C'est d'abord en confortant la qualité des réseaux que l'on répondra aux besoins prioritaires de la société (...) Une modernisation de l'existant permet souvent d'atteindre une performance quasi équivalente à celle d'une infrastructure nouvelle, pour un coût et une empreinte écologique bien inférieurs", signale le document commandé à l'automne par le Gouvernement.

 

Deux scénarios économiques ont donc été retenus : le premier est basé sur des investissements compris entre 8 et 10 milliards d'euros et le second, plus optimiste, envisage un montant de dépenses compris entre 28 et 30 milliards d'euros.

 

Parmi les grands projets élevés au rang de premières priorités dans les deux scénarios, seules deux lignes de train à grande vitesse (LGV), celle reliant Bordeaux à Toulouse et la liaison Roissy-Picardie apparaissent ainsi que cinq tronçons autoroutiers, parmi lesquels la liaison entre Lyon et Saint-Etienne.

 

Les élus et professionnels du BTP sont inquiets
Au grand désespoir des élus locaux des régions concernées, les autres projets ferroviaires sont repoussés à des horizons plus lointains, comme le raccordement LGV Rhin-Rhône, la LGV reliant Limoges à Poitiers et la liaison nouvelle Montpellier-Perpignan.
"2030, c'est bien… mais c'est aujourd'hui que nos entreprises ont besoin d'activité, nous confie Bruno Cavagné, vice-président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Ce rapport demeure très flou, car ce qui est important pour nous aujourd'hui, c'est de savoir ce qui va se passer après 2017 quand les quatre grands chantiers de LGV seront terminés. Si aucun nouveau grand projet n'est lancé, beaucoup de savoir-faire vont alors disparaître.Le seul point positif ? C'est de faire reconnaître une politique d'entretien des moyens existants."

 

Par ailleurs, le nouveau porte-parole de la FNTP, compte désormais sur une décision arbitrale de Jean-Marc Ayrault, car " ce rapport n'a pas classé les projets. Il faut bien prendre en compte que les entreprises majors du BTP ont seulement des commandes jusqu'en 2017 grâce au Grand Paris. Et heureusement qu'il est programmé ! Malheureusement, ce document oublie les territoires comme la région Midi-Pyrénées, la Provence-Alpes-Côte d'Azur et Limousin." Et de conclure : "Nous prenons acte du rapport mais nous comptons rencontrer prochainement le Premier ministre pour lui faire part de notre inquiétude."

 

*L'intégralité du rapport, sur le site du ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie

 

Découvrez dès la page 2, les réactions du Gouvernement et des collectivités territoriales

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