Le tout-TGV sera-t-il définitivement abandonné par le Gouvernement ? A l'issue de onze mois de travaux, la commission Mobilité 21, présidée par le député-maire de Caen, Philippe Duron, rendra ses arbitrages le jeudi 27 juin prochain. Elle devrait préconiser un report de la plupart des nouvelles lignes après 2030.

Dès son arrivée au Gouvernement, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, a hérité d'un Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) comportant 70 projets ferroviaires, routiers, et fluviaux à mener sur vingt-ans pour une addition totale de 245 milliards d'euros. La Cour des comptes a par la suite signalé en février 2013 dans un rapport accablant, que ces projets de grandes infrastructures étaient en total incompatibilité avec l'état des finances publiques. C'est pourquoi la commission Mobilité 21, présidée par le député-maire de Caen a été chargée, il y a onze mois, de dégager des priorités.

 

"Ses conclusions ne doivent être rendues que le jeudi 27 juin, mais effectivement des fuites sont parues dans la presse ces jours-ci, nous précise un porte-parole du ministère des Transports. Tout autant tout n'est pas juste dans leurs écrits, "selon lui.

 

D'après les informations de L'Usine Nouvelle et la lettre spécialisée Mobilicités et également Les Echos, le rapport classerait les projets en deux périodes : ceux qui doivent être lancés durant la période de 2020-2030 et ceux qui doivent être reportés à l'après 2030.

 

Deux scénarios
De même, d'après L'Usine Nouvelle, la commission a établi deux scénarios : "Le premier prend en compte les budgets actuellement disponibles et aucun moyen financier nouveau au niveau de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf)", souligne l'hebdomadaire. Dans cette situation, aucune grande ligne ferroviaire ou autoroutière ne devrait voir le jour. Seuls les moyens financiers seraient réservés à la rénovation des réseaux ferroviaires, fluviaux et routiers et à la création de quelques nœuds vitaux comme au sud de Paris, pour interconnecter les lignes à grande vitesse (LGV), à l'ouest de Lyon et à Marseille. La ligne Picardie-Roissy serait également validée.

 

Un second scénario prendrait en compte une augmentation du budget de l'Afitf à hauteur de 400 millions d'euros, ce qui permettrait la réalisation de la réalisation de la LGV Toulouse-Bordeaux. Mais dans les deux cas, la grande majorité des nouvelles lignes TGV serait repoussée à l'après-2030 à l'image de Paris-Orléans-Clermont-Lyon, Bordeaux-Hendaye, Montpellier-Perpignan ou le barreau Poitiers-Limoges.

 

La LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL), qui est envisagée pour désaturer la ligne Paris-Lyon, ne serait plus une priorité pour la période avant-2030. La fin de la LGV Rhin-Rhône n'en ferait pas partie également, et la nouvelle ligne Marseille et Nice, non plus.

 

Par ailleurs, la seule ligne LGV qui devrait être construite dans les dix ou quinze prochaines années serait la LGV Bordeaux-Toulouse dont le montant est estimé à 7 milliards d'euros. La nouvelle ligne Paris-Normandie ne serait pas totalement abandonnée. Cette ligne se justifierait notamment par la nécessité de développer le fret ferroviaire entre Paris et le port du Havre.

 

De plus, le Lyon-Turin sera le grand absent du rapport. Philippe Duron avait d'ailleurs précisé que le projet de liaison ferroviaire ne faisait pas partie de ses compétences. Toutefois, la réalisation ou non de cette liaison, estimée à 8,5 milliards d'euros, impactera certainement le devenir des autres projets.

 

La priorité ? La rénovation du réseau ferré existant
En résumé, la priorité de la commission Mobilité 21 irait dorénavant à la rénovation du réseau existant et à l'amélioration des trains du quotidien, notamment à ceux des trains à 200 kilomètres par heure. Pour rappel : l'ancien ministre des Transports, Jean-Louis Bianco, avait signalé dans son rapport sur la réforme ferroviaire au Gouvernement, le lundi 22 avril, qu'il "fallait faire plus de travaux, plus rapidement et à un coût plus réduit."

 

Le canal-Seine-Nord oublié ?
Enfin, côté transport fluvial, le projet de canal Seine-Nord n'a aucune chance de voir le jour. La commission, sauf financement exceptionnel de Bruxelles, estime que le projet risque de rencontrer des difficultés pour sortir de terre.

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