MÉGAPROJET. A l'occasion du renouvellement du protocole entre l'État et la société Alliages et Territoires, promoteur du centre EuropaCity, le gouvernement a exigé que certains aspects du projet soient améliorées, notamment d'un point de vue écologique.

L'État resserre les vis. Selon des informations du Monde, le promoteur du mégaprojet controversé EuropaCity, Alliages et Territoires, a reçu l'ordre de revoir certaines composantes du futur parc de loisirs de 800.000 m² et 3,1 Mrds €, situé à Gonesse (Val d'Oise). Cette décision a été prise à l'occasion du renouvellement du protocole entre le promoteur franco-chinois (Immochan et Wanda) et l'aménageur, l'État. Cette nouvelle convention, qui sera soumise à l'approbation du Premier ministre, prévoit qu'Alliages et Territoires s'engage à améliorer certains aspects du projet, notamment écologiques.

 

Un projet encore et toujours face à la justice

 

Il s'agit là d'un des points les plus controversés du futur parc. "Une meilleure maîtrise de l'empreinte carbone et de la consommation énergétique du sol" est demandée par l'exécutif, qui n'a pour l'instant pas répondu aux sollicitations de Batiactu. "C'est un objet de discussion nouveau", a indiqué à l'AFP, Benoît Chang, directeur général d'Alliages et Territoires. Cette demande devrait sonner définitivement le glas du parc des neiges, l'un des éléments les plus énergivores du complexe. "Il est trop tôt pour dire si elle se fera ou pas", a-t'il précisé. Grand Paris Aménagement demande également de repenser la production et la consommation d'énergie à l'échelle de la ZAC du Triangle de Gonesse, et non dans un fonctionnement autocentré, comme conçu au départ du projet. "Nous sommes disposés à le réaliser, mais seulement si ses qualités sont démontrées. Or on n'y est pas encore", explique Thierry Lajoie, p-dg de Grand Paris Aménagement. Une revue du calendrier prévisionnel et un engagement social sur le nombre d'emplois créés (promesse de créer 10.000 emplois) font également partie du nouveau protocole. L'exigence du Ministère de la Cohésion des territoires réjouit le collectif Europas Du Tout, qui voit cela comme "une première victoire pour les commerçants dans la lutte contre le méga centre commercial".

 

Pour rappel, le mégacomplexe EuropaCity fait partie du projet de future ZAC du triangle de Gonesse. Il doit accueillir une gare du Grand Paris Express, de nombreux hôtels, une ferme urbaine, un cirque, un cinéma, une salle de spectacle et environ 230.000 m² de boutiques. Cependant, le développement du parc est bloqué par de nombreuses procédures judiciaires. En effet, l'arrêté préfectoral de la création de la ZAC a été annulé le 6 mars 2018 par le tribunal de Cergy-Pontoise, un appel a été par l'État deux mois après, le 4 mai. La décision de la cour d'appel n'est pas attendue avant le second semestre 2019. De plus, la future desserte du Grand Paris Express a été repoussée à 2027, malgré l'ouverture partielle d'EuropaCity en 2024. Mais tout n'est pas noir pour le futur parc, le commissaire enquêteur chargé d'apprécier l'utilité publique de la ZAC a émis un avis favorable, le 19 juillet dernier, malgré l'enquête publique sur la modification sur plan local d'urbanisme de Gonesse qui soulignait "des impacts environnementaux négatifs importants". L'ancien Ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a toujours été sceptique à la construction d'EuropaCity, il évoquait notamment, le 5 juillet 2018 sur Europe 1, "une folie des grandeurs" qu'il "ne voulait voir demain", qu'en sera-t-il de son successeur ?

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