METEO. Un épisode de canicule est en train d'arriver sur l'Hexagone, faisant grimper le mercure autour des 40°C dans certaines régions. Face à ces conditions inhabituelles, les pouvoirs publics et plusieurs organisations du bâtiment ont rappelé les mesures de bon sens à adopter sur les chantiers pour préserver la santé des ouvriers. Les transports s'adaptent également. Focus.

Il y a peu de chances de passer à travers : cette semaine du 24 au 30 juin 2019, un épisode de canicule s'abat sur la France. Couplée à des conditions anticycloniques, une vaste masse d'air chaud en provenance de l'Espagne et du Maghreb s'étend effectivement jusqu'à l'Europe de l'Ouest, faisant monter le mercure autour des 40°C dans certaines régions ; un phénomène exceptionnel pour un mois de juin d'après les prévisionnistes de Météo France.

 


 

Les différents secteurs d'activité et la population sont évidemment invités à adapter leurs comportements face à ces fortes chaleurs, et le bâtiment se retrouve en première ligne, avec la nécessité de préserver la santé des ouvriers intervenant sur les chantiers. C'est dans ce cadre que la Fédération française du bâtiment (FFB), le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, ainsi que l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) ont tenu à rappeler les règles de bon sens pour garantir la sécurité des collaborateurs :

 

- En premier lieu, les entreprises sont invitées à décaler les horaires de travail de leurs salariés de manière à ce qu'ils effectuent les tâches lourdes aux heures les moins chaudes de la journée. Pour rappel, on considère que le soleil "cogne" le plus entre midi et 16h.

 

- L'hydratation est évidemment primordiale. Il est plus que recommandé de boire a minima 3 litres d'eau par jour, et ce de manière régulière tout au long de la journée, même si l'on ne ressent pas la soif. "Chaque salarié doit se voir fournir au moins 3 litres d'eau fraîche par jour", indiquent la FFB et le ministère. Autre conseil non-négligeable : éviter la consommation d'alcool, qui augmente le rythme cardiaque, le coeur étant déjà sollicité plus que d'habitude en raison de la chaleur ambiante.

 

- Se tenir informé des prévisions météorologiques : "une des premières mesures de sécurité consiste à évaluer la situation et s'informer des conditions météorologiques et des bulletins d'alerte", précisent la fédération et le ministère, le but étant de calculer le "risque" au jour le jour.

- Garantir une "vigilance accrue et croisée entre les équipes".

"Cette démarche responsable doit être soutenue le plus possible par les collectivités territoriales pour permettre d'intervenir tôt le matin. Eviter une exposition prolongée des équipes aux trop fortes chaleurs est une mesure de bon sens, que nous recommandons", insiste Jacques Chanut, le président de la FFB.

 


 

Les modes et réseaux de transports s'adaptent également

 

Il est un autre secteur d'activité qui souffre des fortes chaleurs et qui doit par conséquent s'y adapter, c'est celui des transports. Dans un communiqué, François de Rugy, ministre de la Transition écologique, et Elisabeth Borne, ministre des Transports, ont listé la salve de mesures adoptée par les opérateurs de transports, aussi bien sur route que sur rail, pour limiter les désagréments et les risques liés à la canicule.

 

Tout d'abord, la SNCF a activé son plan "fortes chaleurs", qui consiste concrètement à prendre en charge l'hydratation des voyageurs, en assurant l'avitaillement des gares - 450.000 bouteilles d'eau sont ainsi stockées dans 200 gares. Des dispositifs d'information ont également été mis en place pour sensibiliser les passagers. Côté matériel roulant, la SNCF indique que l'activité des centres techniques et le nombre d'opérations de maintenance sont renforcés. De même, des stocks de pièces de sécurité étiquetées "période chaude" ont été prévus, laissant la priorité aux composants liés au refroidissement des organes principaux du train - moteurs et transformateurs. L'opérateur surveillera aussi de près le bon fonctionnement des armoires électriques et de leurs ventilateurs. Enfin, les agents chargés de la maintenance des voies et des caténaires réaliseront des tournées d'inspection à pied, "essentiellement au moment de la journée où les températures sont les plus élevées". En effet, la chaleur peut entraîner une déformation des rails.

 

A la RATP, de nombreux messages d'information sont là encore diffusés pour alerter les voyageurs. Des distributions de bouteilles d'eau auront lieu tout au long de la semaine, avec quelques 5.000 bouteilles prévues à chaque point de distribution. Dès la semaine dernière, les équipes de la régie ont vérifié les systèmes de ventilation réfrigérée des rames. Durant la journée, il est par ailleurs prévu que les RER garés soient laissés sous tension, ceci afin de maintenir la ventilation réfrigérée pour les rames équipées de ce système. Dernière mesure notable : une surveillance quotidienne de l'état des caténaires et des voies est mise en place, avec notamment plusieurs relevés de la température du rail chaque jour.

 

Sur le réseau routier, les habituels messages de sensibilisation s'afficheront sur les panneaux enjambant les routes et autoroutes. Le ministère de la Transition écologique (dont dépendent les transports) a en outre appelé les sociétés concessionnaires d'autoroutes à distribuer des bouteilles d'eau en cas de bouchons aux péages durant les heures les plus chaudes. La quantité d'eau disponible sur les aires de service sera aussi renforcée. En région Ile-de-France, François de Rugy et Elisabeth Borne ont également décidé, de concert avec la préfecture de police de Paris, d'instaurer un nouveau dispositif d'encadrement de la circulation dans la capitale et sa périphérie lors des épisodes de pollution, lesquels sont évidemment exacerbés avec de si fortes chaleurs. A l'avenir, la circulation différenciée pourra être déclenchée automatiquement en cas de pic de pollution, aussi bien à Paris que dans l'ensemble des grandes agglomérations françaises confrontées à cette situation, en lien avec les élus locaux concernés.

 


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