POLITIQUE DE LA VILLE. Le colloque "Réparer la ville", organisé par l'Ordre des architectes d'Ile-de-France et qui se déroulera du 20 au 22 novembre, vise à intégrer les crises sociale et écologique dans la façon de (re)construire les villes.

"La manière dont on aménage le territoire aujourd'hui risque de nous faire aller dans le mur." Christine Leconte, présidente de l'Ordre des architectes d'Ile-de-France, entend faire de l'événement "Réparer la ville", qui se déroulera du 20 au 22 novembre à Paris, une "prise de position importante" du Croaif sur l'aménagement de la ville. "Nous devons changer le logiciel de l'aménagement de la ville pour y intégrer la crise sociale et écologique. La crise des gilets jaunes nous interpelle sur la façon dont nous avons construit les services publics et l'habitat familial", a explicité Christine Leconte lors d'une conférence de presse, ce jeudi 14 novembre. Pour autant, l'enjeu de ces trois jours ne réside pas dans "la dénonciation d'un système mais dans l'amorçage d'un projet commun", précise-t-elle.

 

Arrêter l'étalement urbain, une nécessité

 

Dans cette perspective, l'Ordre des architectes d'Ile-de-France a sollicité des contributions d'une vingtaine d'architectes, d'élus et d'économistes sur leur vision de la rénovation urbaine. Leurs points de vue seront dévoilés la semaine prochaine mais Christine Leconte a d'ores et déjà souligné plusieurs points de convergence. Comme la nécessité d'arrêter l'étalement urbain, de préférer la réhabilitation de l'existant à la démolition, le réemploi des matériaux utilisés dans un souci d'économie circulaire, ou encore la revalorisation de la position des maîtres d'oeuvre, afin "d'utiliser davantage de matière grise pour utiliser moins de matière première."

 

Les contributeurs sollicités par le Croaif pointent également du doigt la nécessité de politiques publiques fortes en matière d'aménagement de la ville. "Il ne faut pas avoir peur de prendre des décisions politiques, les citoyens sont prêts, ils en ont besoin et ont beaucoup d'idées, on le voit notamment dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat", insiste Christine Leconte.

 

"La réhabilitation représente 80% du travail futur des maîtres d'œuvre"

 


La conférence inaugurale de "Réparer la ville" s'interrogera d'ailleurs sur le modèle de politique de la ville à adopter, avec l'aide de celui que Christine Leconte appelle "le papa de la rénovation urbaine", l'ancien ministre Jean-Louis Borloo. "Il faut peut-être faire évoluer la notion de zones tendues [caractérisées par un déséquilibre entre l'offre et la demande de logements ; Ndlr] et détendues", suggère la présidente du Croaif. La matinée du lendemain sera consacrée à la façon d'accélérer la réhabilitation des copropriétés. Plusieurs organisations professionnelles, dont l'Ordre des architectes d'Ile-de-France, la Capeb et la FFB, mais également des institutions comme l'Ademe, l'Agence parisienne du climat et CDC Habitat formuleront des propositions communes sur la gouvernance et le financement des copropriétés, ainsi que sur la formation des professions concernées.

 

L'Ordre des architectes d'Ile-de-France dédiera justement le 20 novembre à la formation de ses troupes, avec un module intitulé "Rénover la ville", qu'il a conçu avec un organisme spécialisé et qui lui permettra de former 75 architectes durant la journée. Un impératif, "la réhabilitation représentant 80% du travail futur des maîtres d'œuvre", indique Christine Leconte.

 

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