CONJONCTURE. Le bilan 2018 des distributeurs d'engins du BTP est pour le moins positif : presque tous les segments enregistrent une hausse de leurs ventes, pour atteindre au total plus de 56.000 machines commercialisées. Et les professionnels tablent sur une année 2019 tout aussi favorable.

Les constructeurs et distributeurs d'engins ne sont pas près de caler. Le Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics, mines et carrières, bâtiment et levage, manutention (Seimat), vient de publier les bilans de ses adhérents pour l'année 2018, et tous les indicateurs sont au vert. Il s'est vendu 56.227 machines pour le bâtiment et les travaux publics l'année dernière, avec une progression notable sur tous les segments : les matériels compacts ont enregistré +2%, les matériels de terrassement +8%, les matériels routiers +9%, les matériels pour le béton +13% et les matériels de manutention et de levage +29%. Le syndicat souligne que les engins de terrassement, lourds et compacts confondus, représentent à eux seuls 22.762 unités, ce qui constitue le meilleur niveau de ventes atteint sur une longue période (de 1990 à 2018), après toutefois les deux années exceptionnelles de 2007 et 2008.

 

Un renouvellement plus délicat pour les mini-pelles

 

Dans le détail des catégories, les machines lourdes de terrassement connaissent une hausse de 8% pour atteindre 5.156 unités, avec comme segments emblématiques les pelles sur chenilles de plus de 12 tonnes, avec 2.377 unités (+7%), et les pelles sur pneus supérieures à 11 tonnes, avec 1.024 unités (+6%). Ces dernières profitent notamment des chantiers réalisés dans les métropoles ou dans le cadre du Grand Paris. Même s'ils progressent également, les engins compacts de terrassement se font plus discrets : avec une petite hausse de 2%, ils atteignent les 17.242 unités vendues. Pesant à elles seules 66% du volumes de cette catégorie, mais ne parvenant pour autant pas à rattraper le pic historique enregistré en 2007 (11.676 unités), les mini-pelles sont le seul point noir du tableau : elles reculent de 2%, avec 11.387 unités commercialisées. D'après le Seimat, ces résultats sont dus, d'une part au niveau de ventes auprès des loueurs, et d'autre part aux commercialisations enregistrées auprès des autres réseaux, celles-ci représentant tout de même 75% des ventes hors grands comptes.

 

La bonne forme du bâtiment a stimulé les ventes dans le béton et le levage

 

L'année 2018 a aussi été un très bon cru pour les matériels routiers, qui bondissent de 9% à 13.999 engins vendus, avec une mention spéciale aux finisseurs, qui ont réussi à égaler leur niveau record de 2007 avec 226 machines commercialisées. La catégorie des matériels pour le béton, quant à elle, est majoritairement représentée par les bétonnières portées, qui se sont vendues à 1.295 unités l'année dernière. Leur hausse de 8% est due à l'activité soutenue qu'a connu le bâtiment. Enfin, les matériels de manutention et de levage s'envolent de 29% en 2018. Composée pour l'essentiel des nacelles élévatrices et des chariots télescopiques, cette catégorie a aussi bénéficié d'une conjoncture favorable dans la construction ainsi que dans le secteur agricole.

 

Des prévisions positives pour 2019 mais un environnement économique à surveiller

 

Comment expliquer cette excellente forme des ventes de matériels de BTP ? Pour le Seimat, plusieurs facteurs sont à prendre en compte : déjà, le dispositif fiscal de suramortissement de la loi Macron continue à soutenir les ventes dans un contexte où le renouvellement des parcs était devenu nécessaire ; ensuite, l'environnement politique et économique est globalement favorable, et donc rassurant. Mais ces besoins d'engins sont aussi à mettre en corrélation avec les résultats positifs engrangés dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, qui ont vu leur activité respective augmenter de 2,3% et de 7% en 2018, d'après la FFB (Fédération française du bâtiment) et la FNTP (Fédération nationale des travaux publics).

 

Et pour 2019 ? Le Seimat prévoit un marché stable dans le meilleur des cas, sinon en léger recul, avec un volume global de 56.000 engins. Dans le détail, le syndicat table sur les évolutions suivantes : +2,8% pour le terrassement lourd (5.300 unités), stagnation pour le terrassement compact (17.250 unités), -7% pour les travaux routiers (13.900 unités), +3% pour le béton et +1% pour la manutention et le levage (17.700 unités). Par ailleurs, le Seimat compte mettre à profit l'année à venir pour rappeler son engagement auprès des professionnels du BTP, ainsi que pour renforcer "ses services à ses adhérents historiques mais également aux nouveaux acteurs évoluant dans le champ des applications numériques et des systèmes d'automatisation, des activités qui vont se développer de plus en plus". L'emploi constitue un autre enjeu de taille pour le syndicat, qui estime que "le besoin de jeunes talents sera d'autant plus pressant que les chantiers du Grand Paris et des JO 2024 se rapprochent". C'est d'ailleurs au travers de l'association Club Seimat, créée au début 2018, que l'organisation tente de promouvoir les métiers du BTP.

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