PROFESSION. Le 4 décembre dernier a eu lieu la Journée nationale des métiers de la Fédération DLR - distributeurs, loueurs et réparateurs de matériels - à Paris. Près de 250 entreprises étaient présentes à l'évènement, qui s'est évidemment focalisé sur la conjoncture du secteur mais aussi sur l'actualité sociale.

Environ 250 distributeurs, loueurs et réparateurs de matériels s'étaient donc donné rendez-vous le 4 décembre dernier à Paris pour la Journée nationale des métiers de la Fédération DLR. L'évènement a accueilli des entreprises d'engins de BTP et de manutention, mais également des levageurs, des spécialistes de la construction modulaire, des unités sanitaires mobiles ou encore des grues à tour. Un panel d'acteurs variés qui ont ainsi pu se rencontrer et échanger autour de la conjoncture du secteur et de l'actualité sociale. Bertrand Carret, le président de la fédération, a ainsi ouvert la journée : "Personne ne peut prédire l'avenir. Nos salariés sont inquiets, ils n'ont pas l'habitude de ce genre de manifestations. Ce n'est pas Mai 68, ni les Bonnets rouges. Non, il s'agit là d'un reflet de la France à deux vitesses, dont une partie d'entre elle se sent harcelée par l'Etat : les excès de vitesse, les péages, la transition énergétique... On leur demande de passer à une énergie plus propre du jour au lendemain alors que pendant des années on leur a vendu les bienfaits du gasoil. Ils en ont ras-le-bol !"

 

Le responsable a cependant insisté sur la responsabilité des chefs d'entreprises dans un tel contexte : "Et c'est notre rôle aussi, dirigeants, de les rassurer, de les gratifier davantage pour qu'ils puissent avancer sereinement. Et cette France à 'deux vitesses' est aussi présente dans nos professions. Dans certains endroits, il y a de la surchauffe, nos équipes sont fatiguées. Mais ce n'est pas le cas partout. La période est compliquée. Et pourtant, nos métiers connaissent depuis 2016 une spirale très positive."

 

Un climat des affaires positif mais des contraintes persistantes

 

D'après les organisateurs, l'édition 2018 de la Journée nationale des métiers DLR a enregistré une augmentation de sa fréquentation. Parmi les nombreux participants, des représentants du bâtiment et des travaux publics ont eux aussi pris la parole sur le bilan conjoncturel de l'année 2018. Eric Quinton, chef du département conjoncture et prévisions à la Fédération française du bâtiment (FFB), s'est félicité des bons chiffres de l'emploi et du logement neuf mais a néanmoins alerté sur certaines disparités régionales et certaines tendances : "Les coûts progressent plus vite que les prix, et le développement du e-commerce se fait au détriment du commerce physique".

 

Le son de cloche est sensiblement le même du côté des travaux publics : Jean-Philippe Dupeyron, chef du service affaires économiques de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), a noté "une très forte reprise de l'intérim en 2017 qui s'est transformé petit à petit en emploi permanent", même si "une entreprise sur deux est limitée en production du fait de la contrainte de main-d'œuvre". Les prévisions d'activité pour les années à venir ne seraient toutefois pas mirobolantes : "2020 ne sera pas une année dynamique car c'est une année d'élection. Cela ne sera pas catastrophique. Par contre, la vraie incertitude sera 2021, année post-électorale qui engendrera un moment de flottement en matière de loi sur la fiscalité."

 

+4% de projets dans le bâtiment en 2019-2020

 

Les analyses exposées par ces spécialistes semblent confortées par une étude commandée par DLR auprès de la société Vecteur + : d'après elle, le nombre de projets dans le bâtiment se rétracterait de 4% sur la période 2019-2020, alors que les travaux publics engrangeraient une hausse de 2% sur la même période. Après avoir comptabilisé 67.300 chantiers actifs en 2017, puis 72.000 en 2018 (soit 118 milliards d'euros), le secteur devrait en enregistrer 71.500 en 2019, ce qui représente 124 milliards d'euros. Sur ces 71.500 projets, 49% concerneraient le bâtiment, et 51% les travaux publics. Dans le détail, 37% de ces chantiers seraient des projets de logements, 63% de hors-logements, 73% d'ordre privé et 27% de commandes publiques. L'étude Vecteur + précise que ces 71.500 chantiers seront réalisés par 16.000 entreprises : les trois majors nationaux - Vinci, Bouygues et Eiffage - s'octroieront une part de marché de 16%, tandis que 16.000 autres sociétés représenteront les 74% restants.

 

31% des chantiers sont décrochés par des entreprises non-domiciliées en France

 

Quelques autres chiffres sont à noter : 31% des chantiers sont décrochés par des entreprises non-domiciliées sur le territoire national. Une tendance à la hausse, qui s'expliquerait par une concurrence particulièrement vive, et par des sociétés qui sont bien plus mobiles qu'auparavant. En outre, Vecteur + a constaté que la taille des chantiers avait augmenté de 6%, sans que les projets du Grand Paris y soient nécessairement pour quelque chose. Enfin, c'est le segment voirie qui porte à 58% l'activité dans les travaux publics. Pour l'année 2019, l'étude recommande de suivre plusieurs segments : les logements privés, les centres commerciaux et les parkings d'Ile-de-France, ainsi que les projets de bureaux dans le Nord-Est et les chantiers de logements dans l'Ouest devraient être particulièrement porteurs. A l'inverse, les projets de bâtiments de santé et de logements publics dans le Sud-Ouest, les chantiers de bureaux dans le Centre-Est, les projets d'équipements sportifs, culturels et de loisirs dans le Nord-Est ainsi que les logements publics dans l'Ouest devraient ralentir.

 

Dernier constat dressé lors de cette Journée nationale des métiers : la profession n'est pas assez présente sur la Toile. Pourtant, les distributeurs-loueurs-réparateurs y bénéficieraient de larges possibilités de progression. D'où la recommandation de certains spécialistes de s'y atteler le plus rapidement possible pour se faire une place, d'autant que le contexte est favorable : en raison du faible nombre d'opérateurs actifs sur le Web, l'implantation se ferait à un coût modéré.

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