CONJONCTURE. Le nombre de dossiers éligibles à la Médiation du crédit a continué de baisser au 2e trimestre 2021, nous apprend la Banque de France. La construction est le troisième secteur effectuant le plus de saisines, derrière les services et le commerce. Les entreprises de moins de 11 salariés représentent l'écrasante majorité des structures accompagnées.

La sortie de crise - si tant est qu'elle se confirme - se traduit par une baisse du nombre de dossiers éligibles à la Médiation du crédit, nous apprend la Banque de France en cette fin du mois de juillet. Quelque 2.723 saisines ont été effectuées au cours du premier semestre 2021 (1.672 entre janvier et mars, puis 1.051 entre avril et juin), soit un volume de demandes similaire à celui enregistré au 4e trimestre 2020. Une situation "en cohérence avec la diminution des demandes de Prêts garantis par l'État (PGE)" selon l'institution financière, qui précise néanmoins que si "le recul observé s'accentue au 2e trimestre avec un rythme mensuel de 350 demandes de médiation", celui-ci reste malgré tout supérieur "à celui observé avant crise".

 

La moitié des dossiers concerne des encours allant jusqu'à 50.000 €

 

Quoi qu'il en soit, le montant total des crédits demandés sur les 6 premiers mois de l'année s'établit à 586 millions d'euros, "ce qui représente, compte-tenu du faible taux de refus des banques (estimé à 2,9%), une proportion limitée des encours de PGE accordés sur cette période", indique encore la Banque de France. En termes d'encours de crédit, 49,6% des dossiers ont concerné des enveloppes allant jusqu'à 50.000 € et 38,6% des sommes comprises entre 50.000 et 300.000 €. La répartition par secteurs économiques montre que les services pèsent pour plus de la moitié (53,1%) dans le total des demandeurs, suivis par le commerce (20,8%). Le bâtiment et les travaux publics arrivent en 3e position, représentant 12,9% des dossiers éligibles. Au sein de la catégorie des services, l'immobilier ne représente qu'une petite part de 3,8%, bien loin derrière l'hébergement et la restauration (15%).

 

Mais les plus petites structures s'avèrent toujours les plus exposées aux aléas économiques, et donc les plus fragiles : 84,5% des demandes de médiation ont été formulées par des TPE (moins de 11 salariés), tandis que les PME employant de 11 à 50 personnes n'ont représenté que 12,3% des saisines. Les entreprises de plus de 50 salariés, ou demandant des montants de crédit supérieurs à 10 millions d'euros, sont encore moins nombreuses, de l'ordre d'une petite centaine (3%). Les procédures de médiation ont débouché sur un résultat positif dans 39,7% des cas, "apportant des solutions à 1.223 entreprises et préservant ainsi 14.794 emplois" d'après la Banque de France.

 

Des dispositifs de soutien restent accessibles dans tout l'Hexagone

 

Bien que l'avenir sanitaire, et donc économique, soit toujours un peu incertain avec l'arrivée d'une nouvelle vague de contaminations due au variant Delta du coronavirus, l'institution insiste sur les outils mis à disposition des entreprises, partout en France, pour les accompagner face à leurs difficultés de financement et faciliter leur accès aux dispositifs de soutien. La Médiation nationale du crédit fait notamment partie des signataires d'un plan d'action spécifique sur la sortie de crise des entreprises, présenté début juin, et qui repose sur trois volets : "la détection précoce des fragilités financières ; un dispositif d'orientation et de conseil à destination des entreprises présentant une fragilité économique ou financière ; une palette de solutions permettant de consolider la situation financière des entreprises et d'assurer la poursuite de leur activité dans les meilleures conditions", énumère la Banque de France.

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