FINANCES. Une enquête de l'Association des sociétés financières (ASF) et de la Fédération bancaire française (FBF) révèle que les Français sont globalement réticents à souscrire de nouveaux crédits en ce début d'année 2026.
Les Français n'ont pas suffisamment confiance en l'avenir pour décider de s'endetter, indique une enquête* publiée le 5 mars 2026 par l'Association des sociétés financières (ASF) et la Fédération bancaire française (FBF). "Les intentions de souscrire de nouveaux crédits pour le premier semestre 2026 sont au plus bas", écrivent en effet les auteurs de l'Observatoire des crédits aux ménages (OCM).
Ce sont même les crédits immobiliers qui souffrent le plus, puisque seuls 2,8% des ménages ont l'intention d'en souscrire un, contre 3% pour les crédits à la consommation. Qu'ils détiennent ou non un crédit, les ménages ont eu le sentiment de voir leur situation financière se détériorer l'an dernier, "traduction d'un sentiment d'attentisme dans un contexte général dominé par la montée de l'incertitude liée au pouvoir d'achat", explique l'étude.
Taux d'épargne élevé
"L'incertitude et l'inquiétude des ménages vis-à-vis de l'emploi et du pouvoir d'achat les conduisent à retenir leurs projets d'achat immobilier, comme d'équipement et de consommation", analysent Maya Atig et Solenne Lepage, respectivement directrice générale de la FBF et déléguée générale de l'ASF. Ce climat anxiogène incite donc les Français à économiser davantage : le taux d'épargne des ménages, à 17,9% au quatrième trimestre 2025, se situe parmi les plus élevés d'Europe, selon l'Insee.
"On pourrait se trouver satisfait d'une telle évolution", a expliqué lors d'une conférence de presse Michel Mouillart, professeur d'économie, chargé de la présentation de cette étude. Car "moins de crédit de consommation", c'est "moins de risque de surendettement". Pour autant, le crédit à la consommation "permet notamment aux ménages de financer des voitures plus sûres et moins polluantes ou de rénover leurs logements", a-t-il mis en avant.
40,4% des ménages français détenaient en effet un crédit l'an dernier. Un niveau au plus bas depuis la création de l'Observatoire en 1989 et en recul pour la septième année consécutive, explique l'enquête. Près d'un ménage sur sept considère que les charges de remboursement de leur emprunt sont "élevées ou beaucoup trop élevées". Une part en progression constante depuis 2020, d'après ce document.
*cette enquête a été réalisée en novembre 2025 auprès d'un échantillon de près de 10.000 ménages représentatif de la population française.

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