ÉCONOMIE. Sans surprise, le premier confinement sanitaire du printemps 2020 a entraîné les impacts les plus importants sur l'activité et la santé financière des entreprises du BTP, d'après un baromètre conjoncturel du groupe EBP. Les deuxième et troisième confinements ont pour leur part limité la casse.

Le bâtiment et les travaux publics sont certainement l'un des secteurs d'activité ayant affiché la meilleure résilience face à la crise sanitaire et économique du Covid. C'est le principal enseignement qui ressort d'un baromètre conjoncturel publié par le groupe EBP, éditeur de logiciels de comptabilité, de gestion commerciale et de paie, sur la santé financière des professionnels de la construction en sortie de crise. Il semblerait donc que les artisans et entreprises du bâtiment ont su s'adapter aux contraintes sanitaires et limité les conséquences des trois confinements au cours des 14 derniers mois.

 

Adaptation et rattrapage du retard au cours de l'été 2020

 

Naturellement, le premier confinement du printemps 2020 (du 17 mars au 11 mai 2020) a entraîné les impacts les plus importants sur leur activité et leur trésorerie, dans la mesure où le BTP a quasiment été à l'arrêt durant ces deux mois. En témoigne l'important recours à l'activité partielle : 50,43% dès la semaine du 16 mars, puis 67% durant la semaine du 30 mars au 5 avril, avant de retomber à 21,45% au cours de la semaine du 11 mai. Il a néanmoins fallu attendre le 1er juin 2020 pour voir le taux de recours au chômage partiel retomber à son plus bas, à savoir moins de 4%.

 

Le contexte général n'avait alors pas épargné les entreprises de construction : "La baisse d'activité s'est élevée à -31% du PIB [Produit intérieur brut, ndlr] contre -11,6% lors du second confinement", note le baromètre. Preuve que les deux confinements suivants ont été bien mieux "tolérés" par le bâtiment. L'indicateur du recours à l'activité partielle démontre en effet un impact moindre pendant le deuxième confinement (du début novembre à la mi-décembre 2020) : "Cette conjoncture différente d'un confinement à l'autre s'explique par le fait que les TPE-PME se sont adaptées aux mesures sanitaires et ont dû combler le retard accumulé dans le calendrier des chantiers livrables", estime le directeur général délégué d'EBP, Grégoire Leclercq. Dans le même registre, l'instruction des permis de construire et les diverses formalités administratives ont également été moins pesantes au cours du dernier trimestre de l'année dernière.

 

L'obligation de rénovation des passoires thermiques, une "source d'affaires"

 

Le chiffre d'affaires des entreprises a aussi inévitablement été frappé de plein fouet par la crise : alors que le début d'année 2020 indiquait qu'une croissance durable commençait à s'installer, le premier confinement a changé la donne et les carnets de commandes ont plus ou moins chuté, avant que le secteur ne parvienne finalement à renouer avec une croissance de 7% en fin d'année. "Cette performance est le fruit d'une avance prise au premier semestre 2020 et d'un rattrapage exercé durant l'été dernier", analyse Grégoire Leclercq. Et la situation semble être repartie de plus belle en 2021, avec une croissance cumulée d'environ 18% enregistrée à la mi-avril en comparaison à la même époque un an plus tôt. Autrement dit, les deuxième et troisième confinements n'ont apparemment eu que très peu d'impacts sur le début d'année 2021, puisque les chantiers ont pu se poursuivre quasi-normalement.

 

Quant à l'exercice en cours, le baromètre attire l'attention sur l'actuel examen de la loi Climat et résilience (issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat) au Parlement, potentielle "source d'affaires pour les TPE-PME du secteur". En ligne de mire : la rénovation énergétique obligatoire des passoires thermiques du parc locatif privé, autrement dit les logements dont l'étiquette énergétique est classée E, F et G, qui devront répondre aux nouvelles normes réglementaires d'ici 2034 sans quoi ils seront interdits à la location. Pour Grégoire Leclercq, "les propriétaires vont certainement anticiper leurs travaux, ce qui devrait donner un regain d'activité au BTP dans les mois à venir".

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