DÉBAT. Ce 26 septembre 2019 se tenait le traditionnel déjeuner-débat du Syndicat national du béton prêt-à-l'emploi (SNBPE), axé cette année sur les thèmes de la transition énergétique, de l'économie circulaire et de l'aménagement du territoire. Autant de sujets dont le Gouvernement et le Parlement se sont emparés ces derniers mois au travers de différents projets de lois, et sur lesquels sont revenus plusieurs députés.

Pour son déjeuner-débat traditionnel, le Syndicat national du béton prêt-à-l'emploi (SNBPE) a accueilli professionnels de la filière, représentants de la société civile et parlementaires autour du thème : "Transition énergétique, économie circulaire, aménagement des territoires : les politiques publiques et les résultats attendus". Jean-Marc Golberg, président du syndicat, a introduit les discussions en indiquant que son organisation avait "apprécié que ces sujets aient été saisis par le Gouvernement et sa majorité" au travers de différents textes législatifs, à l'instar du projet de loi Energie Climat (définitivement ratifié ce même jour au Sénat), celui relatif à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (que le Sénat vient d'amender) ou encore le projet de loi de Finances pour le budget 2020, dont les premiers contours sont esquissés.

 

Mais s'agissant des normes et règles propres au secteur de la construction, le président du SNBPE a prévenu : "Le focus qui sera mis sur le carbone ne doit pas faire oublier qu'il existe d'autres indicateurs, comme par exemple celui du confort d'été". De même, "il faut être prudent sur cet objectif de résultats, notamment par rapport à la sécurité, et particulièrement la sécurité incendie", a-t-il également estimé, faisant référence à la loi Elan et à la future Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) actuellement en préparation. Jean-Marc Golberg a en outre demandé au Législateur de prendre en compte les externalités de la filière de production béton, comme les coûts de transports. "Nous avons déjà mis en place une filière de récupération des déchets dans notre secteur", a-t-il ajouté, appelant à "la plus grande vigilance" sur les filières REP (Responsabilité élargie du producteur) telles que contenues dans le projet de loi Economie circulaire.

 

"Le béton est le matériau le plus utilisé dans le monde et il est indissociable de l'aménagement durable"

 

Dans la foulée des échanges, Gilles Le Gendre a pris la parole. Député marcheur de Paris et président du groupe de La République en Marche (LREM) à l'Assemblée nationale, le parlementaire a mis en lumière le rôle et la place du béton dans les projets de construction actuels : "Le béton est le matériau le plus utilisé dans le monde et il est indissociable de l'aménagement durable". Selon l'élu, les changements législatifs et réglementaires introduits dans le BTP correspondent à "un projet politique, philosophique, social et écologique". "Le fait même qu'il y ait autant de lois impactant votre filière montre à quel point notre majorité a considéré que le sujet était important", a-t-il déclaré aux professionnels du secteur.

 

Egalement présente, la députée LREM de l'Isère et co-animatrice du Plan de rénovation des bâtiments, Marjolaine Meynier-Millefert, est revenue sur l'action du ministre de la Ville et du Logement : "Chaque fois qu'on construit du neuf, on artificialise de nouvelles terres. Julien Denormandie l'a dit : on est en train de passer d'une logique de construction à une logique de rénovation. Je pense que le secteur du bâtiment en est conscient, en saisissant les opportunités pour se réapproprier le foncier."

 

"Nous avons pris conscience des fractures qui traversaient la France"

 

Plus largement, la discussion s'est également arrêtée sur le mouvement des Gilets jaunes et son impact sur la politique de l'exécutif : "Nous sommes en train de changer de méthode", a assuré Gilles Le Gendre. "La crise des Gilets jaunes nous a dit : on veut bien que vous réformiez le pays, mais pas de cette manière. Nous avons pris conscience à ce moment-là des fractures qui traversaient la France."

 

Les professionnels du béton ont donc saisi l'occasion pour faire passer leurs messages d'approbation pour certaines lois déjà adoptées, mais aussi d'inquiétude pour les textes en cours d'examen au Parlement. Malgré tout, si la cause est entendue - lever les freins normatifs du bâtiment tout en réduisant son impact environnemental -, la logique et la pertinence de la méthode employée par les ministres et les parlementaires laissent, elles, visiblement encore perplexe.

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