EMPLOI. Les ministères de l'Intérieur et du Travail ont mis à jour la liste des métiers ouverts aux étrangers non-ressortissants de l'Union européenne. Occupant une place centrale, les métiers du bâtiment et des travaux publics sont sur-représentés dans toutes les régions de l'Hexagone, avec des spécificités locales. Une nouvelle preuve des besoins en main-d'oeuvre de la filière.

La veille de la deuxième étape du troisième déconfinement sanitaire, prévue ce 19 mai 2021, certains secteurs s'interrogent sur leurs capacités en main-d'oeuvre pour assurer la reprise économique. Bien que moins impacté que d'autres car ayant pu maintenir son activité depuis le premier déconfinement de mai 2020, le BTP compte tout de même de nombreux métiers en tensions. Ceux-ci font l'objet d'alertes régulières de la part des professionnels de la filière, qui cherchent au passage à motiver davantage de jeunes à se tourner vers le gros-oeuvre, le second-oeuvre et le génie civil. Mais ce désamour pour les postes manuels explique également l'importance des travailleurs d'origine étrangère dans les effectifs des entreprises de la construction.

 

Partant de là, il n'est donc guère surprenant de voir la place centrale qu'occupe le BTP dans la "liste des métiers ouverts aux étrangers non-ressortissants d'un État-membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse". Établi par les ministères de l'Intérieur et du Travail afin de recenser les besoins en main-d'oeuvre des différents secteurs d'activité au sein de chaque région française, ce document n'avait pas été actualisé depuis 2008.

 

Des besoins en charpentiers, chaudronniers, chefs de chantiers, conducteurs de travaux et géomètres dans presque tout le pays

 

En parcourant la liste, on s'aperçoit en premier lieu qu'un vaste panel de métiers sont en tension dans quasiment toutes les régions, comme les charpentiers (bois la plupart du temps, rarement métal), les chaudronniers, tôliers, traceurs, serruriers, métalliers et forgerons, les chefs de chantiers et conducteurs de travaux, ou encore les géomètres. En Bourgogne-Franche-Comté, les entreprises locales manquent aussi de couvreurs, d'ingénieurs, et d'ouvriers qualifiés, que ce soit dans l'installation - et la maintenance - d'équipements électriques et électroniques comme dans le travail du bois.

 

Les plombiers-chauffagistes, les maçons et les professionnels du travail de la pierre sont pour leur part très demandés en Bretagne. Certaines régions, comme le Centre-Val de Loire, le Grand Est et les Hauts-de-France cherchent quant à elles des chargés d'études et des techniciens, avec une grosse représentation là encore des installations électriques et électroniques. On notera enfin que l'Occitanie manque d'"ouvriers qualifiés en verre, céramique, métallurgie, matériaux de construction et énergie" et d'"ouvriers qualifiés des travaux publics, du béton et de l'extraction".

 

L'intégration professionnelle est censée être une composante majeure de "l'intégration républicaine" demandée aux étrangers désireux de s'installer en France. Et c'est aussi pour faciliter les recrutements de travailleurs étrangers que l'Administration met en place des dispositions spécifiques, comme celle permettant, depuis le 6 avril, de réaliser directement sur Internet les demandes d'autorisation de travail, préalable à l'embauche de salariés étrangers.

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