CONDITIONS DE TRAVAIL. Les professionnels de la construction ont fait preuve d'une certaine résilience face à la crise du coronavirus et se montrent pour la plupart confiants dans l'avenir, selon l'Observatoire des pros du groupe April. Mais beaucoup reconnaissent qu'une digitalisation du secteur devient impérative.

La crise sanitaire et économique du Covid n'a visiblement pas eu trop de conséquences sur le moral des professionnels de la construction, et elle aurait même participé d'une certaine prise de conscience sur certains sujets. Dans la 4e édition de son Observatoire des pros, le groupe April, courtier grossiste en assurances, a consacré avec l'institut de sondage Ifop un volet spécial aux artisans et entreprises du bâtiment et des travaux publics pour prendre leur pouls à l'issue d'un an de restrictions, de contraintes et de difficultés. Il en ressort que la filière fait preuve d'une certaine résilience, aussi bien au niveau professionnel qu'au niveau personnel : 41% des patrons interrogés, essentiellement des jeunes dirigeants, se disent "confiants" quant à l'avenir de leur société. Une satisfaction relative qui s'explique par la qualité des relations professionnelles entretenues avec leurs clients (49%) et avec leurs fournisseurs (27%).

 

Les patrons âgés parmi les plus fervents partisans de la digitalisation, les jeunes pas convaincus

 

Un constat qui doit toutefois être nuancé sur le plan géographique, puisque 67% des chefs d'entreprises du BTP qui exercent leur activité en Île-de-France affirment avoir un état d'esprit positif, un chiffre plus élevé que dans les autres régions de l'Hexagone. Les dirigeants ayant plutôt tendance à broyer du noir "l'expliquent de manière conjoncturelle par des facteurs causés ou amplifiés par la crise sanitaire", selon le baromètre. Sont ainsi mis en avant la gestion difficile des conséquences de cette crise (41%), la baisse du chiffre d'affaires (25%) ou encore la crainte de se retrouver dans une situation financière précaire (24%). En parallèle, "les dirigeants restent préoccupés par des considérations d'ordre pratique liées à la gestion globale et courante de leur entreprise", à commencer par les difficultés à gérer les tâches administratives (17%).

 

Ce qui met directement en lumière l'autre enseignement de l'étude : l'impérieuse nécessité pour le secteur de se digitaliser. D'après ses auteurs, la transition numérique des TPE-PME agirait "comme un réel levier de mise en confiance et de développement". Le problème étant que, si elle est jugée importante, cette digitalisation s'avère très lente à se mettre en place. À ce titre, 68% des professionnels interrogés reconnaissent que leurs entreprises doivent prendre ce virage des technologies numériques - ils sont même 79% parmi les dirigeants de plus de 65 ans à la tête de grandes structures, dont 41% qui jugent cette transition "indispensable". Et, complètement à rebours de ce à quoi l'on pourrait s'attendre, cette proportion tombe à... 13% chez les plus jeunes patrons.

 

1 entreprise du BTP sur 2 possède son site Internet

 

Une plus grande visibilité sur le marché, des échanges facilités, une meilleure image auprès des clients... sont, par ordre d'importance, les principaux atouts de cette transition aux yeux des entrepreneurs consultés. "Cette digitalisation semble pourtant encore être à ses balbutiements puisqu'à l'heure actuelle, seule la moitié des dirigeants interrogés dispose d'un site Web", relève cependant le baromètre. Il faut aussi dire que l'utilisation des nouvelles technologies peut passer pour le cadet des soucis des artisans du BTP, la plupart du temps pressés et en déplacement, et pour qui la complexité et la perte de temps souvent induites par les solutions digitales peut refroidir.

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