PREVENTION. La chute d'une passerelle sur un chantier du 13ème arrondissement de Paris, qui a causé la mort d'un ouvrier et blessé grièvement trois autres le 30 juillet, rappelle combien la prévention des accidents du travail est primordiale dans le BTP. Un secteur où la fréquence des accidents du travail baisse tout de même de façon continue depuis 20 ans.

Le BTP détient le triste record d'être l'un des secteurs totalisant le plus grand nombre d'accidents du travail. Une réalité récemment illustrée par le décrochage d'une passerelle fixée à une vingtaine de mètres de hauteur, sur un chantier du 13ème arrondissement de Paris, qui a tué un ouvrier et blessé grièvement trois autres. Quelques semaines plus tôt, deux ouvriers avaient perdu la vie à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), en raison de la chute de la nacelle sur laquelle ils se trouvaient.

 

Avec 120 morts en 2017 (dernières données disponibles), sur un total de 530 dans le secteur privé, le BTP se place en deuxième position pour les décès liés à un accident du travail, juste derrière les transports (121), selon l'Assurance maladie. Le BTP arrive même en tête de liste si l'on inclut les décès provoqués par un accident de trajet, avec 185 morts en 2017, sur un total de 930 pour le secteur privé.

 

"Le BTP enregistre encore un taux de fréquence élevé des accidents du travail dits graves", souligne l'Assurance maladie-Risques professionnels sur son site Internet. Tout en reconnaissant "des progrès significatifs enregistrés ces dernières années", comme en témoigne la baisse continue de la fréquence des accidents du travail depuis 20 ans. Des progrès à mettre sur le compte, entre autres, "des campagnes menées pour faire progresser la prévention", soulignait fin 2018 Paul Duphil, secrétaire général de l'OPPBTP (organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics). Sollicité par Batiactu après l'accident survenu le 30 juillet sur le chantier du projet Ateliers Italie de la RATP, l'OPPBTP n'a pas souhaité s'exprimer.

 

Des aides financières pour la formation et l'achat d'échafaudages

 

Sur son site Internet, l'OPPBTP liste les risques liés aux échafaudages. Pour prévenir les chutes de hauteur, l'organisme recommande d'utiliser des élévateurs de personnes pour la préparation (ancrages) et les finitions (pose de filets, de bâches, d'auvents pare-gravas, etc.) et de faire la promotion des échafaudages à montage et démontage en sécurité (MDS). L'achat de ces derniers peut être financé en partie par l'AFS, une aide financière spécialisée nationale. L'OPPBTP, qui a par ailleurs lancé une application mobile destinée à simplifier la vérification d'échafaudages, Prev'App Echafaudage, rappelle également que leur montage exige un savoir-faire bien spécifique, et précise que les référentiels de formation figurent dans la recommandation R408.

 

Celle-ci, qui concerne les échafaudages de pied, et la recommandation R457, relative aux échafaudages roulants, constituent la base des cahiers des charges nationaux de formation des salariés à l'utilisation des échafaudages, indique de son côté l'Assurance maladie. Et d'ajouter que ces formations peuvent être subventionnées, dans le cadre des aides financières proposées par les caisses régionales (Carsat, Cramif, CGSS) aux PME. Toujours au chapitre financier, l'Assurance maladie a annoncé, le 27 juin, le lancement d'une subvention pour les entreprises de moins de 50 salariés qui s'équipent d'échafaudages. Baptisée Echafaudage +, elle est plafonnée à 25.000 euros. Une initiative "attendue depuis plusieurs mois", saluait récemment l'OPPBTP.

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