CHRONIQUE. Sidération, inquiétude, incompréhension, colère, déception, tristesse... Les coups se multiplient, les réactions s'enchaînent. Si certains chocs sont rudes, d'autres se veulent salutaires. Voire, constructifs. L'avenir le dira.
"Come on baby /We gotta be strong /Dark days are getting long/ Looking for comfort in a song/ Everybody knows the world's gone wrong" (Allez bébé / Nous devons être forts /Les jours sombres deviennent longs /Je cherche du réconfort dans une chanson). Tout le monde sait que le monde va mal.
Cette semaine a eu son lot d'actualités sombres et de personnalités erratiques, de coups de gueule, de coups bas et de coups de griffes, un chaos qui choque...
Un chaos qui interroge aussi quant à la lucidité et la raison de certains dirigeants internationaux, tel un président américain jouant à un Monopoly bien dangereux pour le monde, aux effets humains et économiques redoutables. À ne jamais savoir à quoi s'attendre, la peur peut s'installer.
Dans ce contexte géopolitique incertain, l'image de la politique française n'est pas beaucoup plus rose, avec un Premier ministre contraint d'activer l'article 49-3 et donc subir des motions de censures (rejetées) ce vendredi, pour espérer donner un budget à la France et, au secteur du cadre de vie, des mesures à la hauteur des attentes et des besoins. Les signaux d'une écoute gouvernementale sont là, le Premier ministre s'y étant engagé.
Car il nous faut urgemment sortir de la crise, comme l'ont encore clamé les différents acteurs croisés lors des traditionnelles soirées des voeux ou conférences bilan de début d'année. La reprise timide ressentie par les artisans de la Capeb, ne suffit pas. De nombreuses agences d'architectes sont également en difficultés. Les abandons annoncés de certains programmes de politiques publiques sont dénoncés haut et fort. Les milliards mis au pot en soutien au secteur par Action Logement ou les efforts des bailleurs sociaux réunis à l'USH ne peuvent enfin pas à eux seuls, résoudre l'ensemble des besoins - immenses - en logements. Les professionnels tiennent, mais attention à ne pas trop tirer sur la corde.
"We've come too far to give up who we are", Get lucky, Daft Punk
Sur ce sujet du logement, après la colère est venue tout de même une certaine forme de soulagement, avec l'annonce ce 20 janvier d'un statut du bailleur privé effectif, devenu entretemps le "dispositif Jeanbrun", du nom du ministre de la Ville et du Logement qui, après l'avoir promis "très beau", s'est félicité de l'avoir obtenu dans la copie gouvernementale.
"Ce dispositif va créer un choc d'offre et permettre de construire près de 50.000 logements en plus par an. Avec le Premier ministre et la ministre de l'Action et des Comptes publics, nous avons voulu envoyer un signal très fort au monde du logement, et je m'en réjouis. Il y avait urgence, et le gouvernement est à la hauteur des enjeux". Vincent Jeanbrun, ministre du Logement et de la Ville, le 20 janvier 2026.
De "choc" constructif il a été aussi question au Sénat, avec l'adoption de la proposition de loi éponyme portée par Dominique Estrosi-Sassonne, dont le ministre Jeanbrun a affirmé qu'il en reprendrait également des éléments pour "son" grand plan logement...
Un grand plan logement devenu en surprise ce vendredi, celui du gouvernement en son ensemble à l'occasion d'un déplacement organisé en dernière minute à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ! Annoncé en grandes pompes par le Premier ministre lui-même, entouré de pas moins de quatre de ses ministres, le plan "Relance Logement" est ainsi désormais sur les rails.Le sujet parle aux Français : à défaut d'avoir un budget de consensus, il faut montrer que le 49-3 permet aussi la mise en oeuvre de ces mesures.
"Say you, say me / Say it for always /That's the way it should be", (Dis toi, dis moi, Dis-le pour toujours, C'est comme cela que cela devrait être), Lionel Richie
Des chocs en cascade, c'est bien, selon ses concepteurs, ce que ce plan entend provoquer : un "choc d'investissement", un "choc de confiance", un "choc économique" ou encore un "choc de simplification." Un objectif est affiché : 2 millions de logements seront construits à l'horizon 2030, soit 400.000 par an. "Plan radical dans sa philosophie" selon les mots du Premier ministre, il prévoit "un soutien financier inédit aux bailleurs sociaux" (avec la baisse de la RLS), "l'épargne des Français pour relancer l'investissement locatif" (le fameux dispositif Jeanbrun) et "un calendrier d'engagements pour simplifier les projets immobiliers" (les méthodologies "Notre Dame" ou "J.O."). Des mesures déjà pour la plupart annoncées donc, mais avec signature officielle.
"Quand le monde va vite, soit on s'accroche, soit on décroche." Sébastien Lecornu, Premier ministre, le 23 janvier 2026, lors de la conférence de presse "Relance Logement"
Alors que plusieurs arbitrages semblent ainsi enfin tourner favorablement au monde de la construction, avec notamment la signature de ce pacte productif plein de promesses, ce ne sont donc pas les acteurs du bâtiment qui vont s'en plaindre. Mais il ne faut pas non plus passer sous silence certaines inquiétudes exprimées, autour d'un possible "détricotage de la loi SRU" ou encore, de la remise en cause du recours aux architectes dans certains cas, au nom d'une simplification tous azimuts.
Les ajustements promis sur la RE2020, tels que présentés encore cette semaine, laissent également pour l'instant les acteurs sur leur faim. Enfin, parmi les autres motifs de tensions, évoquons le sujet des aides à la rénovation, qui n'en finit pas de faire débat.
Parce qu'il ne faut pas rester sur des notes négatives, ce n'est pas le genre de la maison, observons tout de même qu'il est désormais plus facile de regarder le verre à moitié plein. Face à l'ambiance électrique des derniers jours et parce que de l'énergie, il nous en faut plus que jamais, tournons-nous donc pour terminer vers un chantier qui a justement de grandes ambitions sur le sujet, à découvrir dans notre reportage. Ce projet de construction du principal nœud de connexion électrique de la zone dunkerquoise va permettre de raccorder pas moins de 22 lignes très haute tension.
Enfin, dans un dernier hommage à une personne de notre secteur partie bien trop tôt, et pour qui ce titre "Jumping around" était justement le signal pour déployer son énergie au service des autres, il ne nous reste plus qu'à monter le son pour nous encourager à ne pas céder à la morosité et lancer un carpe diem de circonstance.

LGV Sud-Ouest : les acteurs publics locaux refusent un recours au financement privé
The world's gone wrong, Lucinda WilliamsChaos, Les Elemens, Rebel
Mogwai Fear Satan, Mogwai
Life's what you make it, Talk talk
Get lucky, Daft Punk
Et voilà ! Quincy Jones
Say you, say me, Lionel Richie
Happy but for how long, Jason Rebello
Electricity, Orchestal manoeuvres in the dark
Jump around, House of pain