ETUDE. L'Insee vient de publier une étude portant sur le logement social français. En 2016, 11 millions de personnes sont locataires dans le parc social, lequel comprend 4,5 millions de logements, soit 16% de l'ensemble du parc occupé. Les grandes unités urbaines de plus de 200.000 habitants concentrent 57% des logements sociaux, quand bien même elles ne regroupent que 40% des logements occupés à l'échelle nationale. Focus.

L'Institut national de la statistique et des études économiques - Insee - publie ce mercredi 24 octobre une étude portant sur le logement social français pour l'année 2016. Les chiffres avancés et les enseignements déduits sont nombreux. Pour commencer, on apprend que 10,7 millions de personnes sont locataires d'un logement social en France. Le parc social comptabilise 4,5 millions de logements, soit 16% de l'ensemble du parc occupé. D'une manière générale, les logements sociaux sont bien plus présents dans les grandes unités urbaines de plus de 200.000 habitants, qui concentrent tout de même 57% du parc social. Mais, dans le même temps, ces agglomérations ne regroupent que 40% des logements occupés à l'échelle nationale. Le cas de la région parisienne est spécifique : la capitale rassemble 5% du parc occupé des bailleurs sociaux, et 4% du parc total occupé en France ; la Petite Couronne compte 12% de logements sociaux, contre 6% du parc total occupé. L'Insee note que la part des locataires du parc social, par rapport à la part des locataires du secteur libre, est du coup plus conséquente en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France ainsi que dans les grandes agglomérations comme Lyon, Marseille et Nantes.

 

Les quartiers prioritaires comptent environ 70% de logements sociaux

 

Dans son étude, l'Institut a également relevé que les "quartiers prioritaires de la politique de la ville" concentraient 31% du total du parc social occupé, alors qu'ils ne représentent que 7% des logements occupés dans l'Hexagone. Au sein de ces quartiers, 68% des logements sont en fait des logements sociaux ; un taux qui grimpe même à 71% en région parisienne. Pour rappel, les "quartiers prioritaires de la politique de la ville" sont définis par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014, et relèvent à ce titre du champ d'intervention du ministère de la Ville.

 

Les locataires du parc social ont en moyenne 50 ans et gagnent 15.000 € par an

 

L'étude de l'Insee s'est en outre penchée sur le profil socio-économique des locataires du parc social. En moyenne, les personnes de référence (les personnes déclarant les plus hauts revenus dans les foyers fiscaux) des ménages occupant des logements sociaux sont âgées de 50 ans. Plus précisément, sont sur-représentés les ménages du parc social dont la personne de référence a un âge compris entre 38 et 53 ans. Côté ressources, l'Institut souligne que le niveau de vie médian des locataires du parc social s'établit à 15.100 € par an. Les ménages aux niveaux de vie les plus faibles sont sur-représentés dans le parc social, et ils bénéficient plus fréquemment de prestations sociales du fait de leur situation.

 

Par conséquent, la pauvreté est bien plus présente parmi les locataires des logements sociaux, où le taux de pauvreté atteint 35%. De plus, les personnes vivant sous le seuil de pauvreté au sein du parc social habitent plus souvent dans les unités urbaines de plus de 20.000 habitants, et leur proportion est particulièrement importante dans les grands pôles urbains. A l'inverse, on estime à 3% la part des occupants du parc social faisant partie des 20% de personnes les plus aisées. Les deux tiers d'entre eux résident dans l'agglomération parisienne, qui comptabilise à elle seule 29% des locataires du parc social en France. D'une manière globale, les locataires les plus aisés des logements sociaux résident à 92% dans les grands pôles urbains.

 

Les familles monoparentales et les occupants nés à l'étranger sur-représentés

 

Toujours dans l'analyse sociologique des locataires du parc social, l'Insee a relevé que les familles monoparentales sont sur-représentées, étant même deux fois plus nombreuses que dans la totalité du parc occupé. Leur situation financière et la présence de personnes à charge expliquent pour l'essentiel qu'elles puissent répondre plus souvent aux critères d'attribution des logements sociaux. Les familles monoparentales habitent plutôt en milieu urbain, notamment l'Ile-de-France et le Sud du pays, et plus précisément dans les périphéries des agglomérations. L'étude nous indique par ailleurs que 23% des logements sociaux sont occupés par des couples avec enfants, un chiffre qui s'explique par les caractéristiques de ces biens : en 2016, les logements de 3 ou 4 pièces représentent respectivement 37% et 29% du parc social. La part des célibataires est quant à elle de 38%, sachant que 60% sont des femmes et que 47% ont plus de 60 ans.

 

Dernier axe de l'étude : 31% des ménages dont la personne de référence est née à l'étranger occupent un logement social, que cette personne soit de nationalité française ou étrangère. Ce chiffre n'est que de 14% pour les personnes de référence qui ont vu le jour en France. Dans le détail, les ménages dont la personne de référence est née en Afrique subsaharienne, en Turquie ou au Maghreb représentent respectivement 50%, 39% et 38% des foyers occupant un logement social, des proportions bien plus importantes en comparaison aux autres natifs de l'étranger.

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