CONJONCTURE. Les chefs d'entreprises du bâtiment ont gardé le moral au mois d'avril 2021, confortés par une activité solide lors du dernier trimestre et des carnets de commandes qui assurent toujours plus de neuf mois de travail en moyenne. Quelques tensions sur la production demeurent toutefois.

Le Bâtiment a le moral et semble le garder. Dans son enquête mensuelle d'avril 2021 sur le climat des affaires dans le secteur de la construction, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a noté que le solde d'opinion des entrepreneurs sur leur activité des trois prochains mois s'est certes légèrement érodée (6% en avril après 8% en mars), mais que cela ne les empêche pas de rester confiants sur les perspectives générales du secteur (2% pour une moyenne de long terme à -16%). Ils ont également porté un regard plus positif qu'au mois de mars sur leur activité du dernier trimestre (6% après 4%).

 

Pas d'inquiétude sur l'emploi mais encore et toujours des difficultés de recrutement

 

L'évolution future de leurs effectifs ne semble pas non plus être un motif d'inquiétude, avec un solde d'opinion qui progresse (16% après 13%) et atteint un niveau largement supérieur à sa moyenne de longue période (-3%). Idem pour l'état de leurs effectifs au cours du dernier trimestre (3% après -1%). Il faut dire que les carnets de commandes se portent toujours assez bien et assurent plus de neuf mois (9,1 mois très précisément) de travail en moyenne : les artisans et entreprises du bâtiment sont encore un peu plus nombreux à juger ce niveau supérieur à la normale (-5% après -6%), un indicateur là-encore bien au-dessus de sa moyenne de long terme (-22%). Ramené à leurs effectifs, les professionnels considèrent qui plus est que le niveau de leurs commandes constitue la plus longue durée enregistrée depuis le début des statistiques réalisées par l'Insee en la matière, en 1975 (5,8 mois).

 

Les capacités de production sont quant à elles utilisées à hauteur de 91%, soit davantage que la moyenne de longue période, établie à 88,7%. Cela n'empêche toutefois pas les fameux "goulots de production" de continuer à se resserrer, 47% des entrepreneurs du BTP faisant état de ces problématiques - "une proportion en hausse continue depuis le début de l'année et nettement supérieure à sa moyenne de longue période (33 %)", précise l'Institut. Un plus grand nombre de professionnels se disent par conséquent empêchés d'accroître leur production faute de personnels (22% après 19%), atteignant là aussi un niveau plus élevé que la moyenne (14%). De même, ils sont aussi de plus en plus nombreux à rencontrer des difficultés de recrutement (72%), avec également un niveau bien supérieur à la moyenne (59%).

 

Pas d'augmentation générale des délais de paiements

 

Les problèmes de production du bâtiment ne se retrouvent cependant pas dans les trésoreries des entreprises du secteur, celles-ci étant beaucoup plus nombreuses (0%) qu'en janvier dernier (-9%) à indiquer une amélioration de leur situation financière. En parallèle, et malgré le contexte économique très troublé, elles ne font pas remonter d'augmentation générale des délais de paiements de leurs clients, le solde correspondant (26%) se stabilisant en-dessous de sa moyenne de longue période (30%). En revanche, et c'est sans doute une conséquence logique des très fortes tensions sur les matières premières, "les chefs d'entreprises sont de nouveau plus nombreux que le mois précédent à annoncer qu'ils augmenteront leurs prix au cours des trois prochains mois", relève l'Insee, avec un solde d'opinion sur l'évolution prévue des prix pour les trois prochains mois qui augmente nettement (5% après -3%) et reste bien au-dessus de son niveau moyen (-13%).

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