RAIL. Luigi di Maio, ministre du Développement économique, a assuré que la liaison à grande vitesse entre la France et l'Italie sous les Alpes, ne se ferait pas. Deux jours plus tôt, le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, avait réaffirmé son total soutien au projet. L'opposition entre Mouvement 5 étoiles et Ligue du Nord se cristallise sur la question de la poursuite du chantier.

La France est claire sur le sujet mais l'Italie est divisée. La question de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin est au cœur d'une guerre fratricide entre membres du Mouvement 5 étoiles (M5S) et partisans de la Ligue du Nord. Alors que Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, vice-président du Conseil et secrétaire fédéral de la Ligue avait annoncé son soutien au projet, son collègue et rival Luigi di Maio, ministre du Développement économique, du travail et des politiques sociales et lui ausso vice-président du Conseil, a martelé qu'il ne verrait jamais le jour…

 

Matteo Salvini, dont l'électorat est situé dans le nord du pays, plutôt développé économiquement, expliquait il y a quelques jours : "Plus tôt on le fait, mieux ce sera" rappelant que "50.000 emplois" étaient en jeu. "Y renoncer et mettre en danger la vie des entreprises me semble peu raisonnable", avait-il ajouté. Des arguments qui n'ont pas du tout convaincu Luidi di Maio : "A la fin, la LGV ne se fera pas (…) Le discours est clos : nous pouvons simplement dire que tant que le M5S sera au gouvernement, ce chantier ne débutera pas". Le mouvement 5 étoiles, à l'électorat plus populaire, considère en effet que la liaison est un gaspillage d'argent public. Rappelons que l'élément central du projet est un tunnel de 57,5 km sous les Alpes, d'un coût de 8,6 milliards d'euros. Des travaux préparatoires (galeries et voiries) ont déjà été lancés mais le percement proprement dit ne devait (devrait ?) débuter qu'à la fin de 2020. Le temps de démêler cet imbroglio italien ?

 

Afin de départager ses subordonnés (sans s'aliéner l'un ou l'autre des mouvements politiques), le chef du gouvernement Giuseppe Conte a lancé une revue du projet pour analyser "le rapport coûts-bénéfices" et trancher de manière "transparente". Mais, selon la presse italienne, les experts recommanderaient bien de renoncer au Lyon-Turin qui n'atteindrait pas le seuil de rentabilité de 3,5 %. La décision finale de l'Italie devrait intervenir avant le mois de mai et les élections européennes. La Commission européenne a d'ailleurs proposé, pour faciliter le lancement du chantier, de porter son financement de 40 à 50 %.

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