TRANSPORTS. Le tunnel ferroviaire reliant Lyon et Turin est au cœur des discussions des deux côtés des Alpes. En France, 63 élus locaux demandent au président de la République d'accélérer l'accès à l'ouvrage, tandis qu'en Italie, le Mouvement cinq étoiles estime que la "ligne ne sert à rien".

Le tunnel ferroviaire reliant Lyon à Turin, en Italie fait débat au Sud des Alpes. En effet, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Étoiles, estime que la ligne "ne sert à rien". Ces déclarations sont inquiétantes pour la tenue du projet car Di Maio occupe une place importante dans la politique italienne. Récemment lié avec la Ligue, un parti d'extrême droite, par "un contrat de gouvernement" lui et son mouvement sont majoritaires au parlement. Ils ont proposé Giuseppe Conte comme Premier Ministre du pays, choix validé par le président transalpin le 23 mai. Dans ce contrat, il est stipulé que les dirigeants "s'engagent à suspendre les travaux d'exécutions et rediscuter entièrement le projet" de la ligne. Sur son site, le mouvement de Di Maio juge pourtant que le contrat est "la pierre tombale d'une œuvre inutile et profondément néfaste pour le pays" et dénonce "le lobby du ciment".

 

En France, des élus souhaitent une accélération du processus

 

En France, les mots de Di Maio font peur. 63 élus de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont rédigé une lettre commune demandant à Emmanuel Macron, d'accélérer le calendrier des voies d'accès à l'ouvrage. "La liaison Lyon-Turin a été conçue comme un tout cohérent, composé du tunnel transfrontalier et des voies d'accès à l'ouvrage", expliquent-ils. Parmi ces élus, on retrouve, le président de la région, Laurent Wauquiez (LR), les maires de Bourg-en-Bresse et Annecy, Jean-François Debat (PS) et Jean-Luc Rigaut (UDI) ainsi que le président de la métropole de Lyon, David Kimelfeld (LREM).

 

L'une des raisons du blocage du projet est son prix. En effet, ce dernier coûte la bagatelle de 8,1 Mrds €, financé à 40 % par l'Union Européenne. Les élus français suggèrent alors de ne retenir que "les infrastructures essentielles à l'exploitation du tunnel transfrontalier lors de sa mise en service", ce qui diviserait, selon eux, le coût par deux. Ces derniers soulignent également leur crainte d'un report : "Les débats liés à la future loi d'orientation des mobilités laissent craindre un report au-delà de 2038 de l'aménagement des voies d'accès depuis Lyon jusqu'au tunnel transfrontalier dont la mise en service est, elle, programmée en 2030". Un décalage qui entraînerait de "lourdes conséquences négatives", ajoutent-ils. Ces derniers ont également tenu à préciser que "sans voie d'accès française moderne et performante, il ne sera pas possible d'opérer un report modal massif du transport transalpin de marchandises de la route vers le rail".

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