CONSEQUENCES. Pas moins de 600 tours d'habitations doivent être inspectées outre-Manche, suite à l'incendie meurtrier de la Grenfell Tower à Londres. Une soixantaine d'immeubles sont déjà jugés non conformes et certains ont été évacués préventivement à des travaux sur leurs façades. Les entreprises impliquées dans la rénovation thermique de la tour ravagée sont également impactées par les contrecoups de la catastrophe.

Les répercussions de la catastrophe de la nuit du 14 juin 2017 sont nombreuses : le gouvernement de Theresa May a ordonné l'inspection immédiate de 600 immeubles d'habitation dans tout le Royaume-Uni, afin d'évaluer la tenue au feu de leurs revêtements de façade. Et les premiers résultats sont mauvais : jusqu'à présent, aucune des solutions testée ne répondrait aux exigences réglementaires en matière de sécurité incendie. Le département des collectivités locales, qui mène ces opérations de prélèvement et d'expérimentation, a d'ores et déjà jugé que 60 tours seraient non conformes.

 

Dans l'urgence, des municipalités ont décidé de faire évacuer les logements, le temps que des travaux de remise en conformité soient effectués. Cinq tours de Camden (municipalité du nord de Londres) qui abritent pas moins de 800 appartements, ont ainsi été vidées de leurs résidents dans la nuit du vendredi 23 juin au samedi 24 juin. Prévenus dans la soirée, les occupants ne disposaient que de quelques heures pour rassembler une partie de leurs affaires et quitter les lieux avant minuit, démontrant l'inquiétude des responsables locaux qui proposaient des solutions d'hébergement alternatives.

 

Des entreprises mises en cause

 

Les conséquences seront lourdes pour les entreprises impliquées. Celotex par exemple (groupe Saint-Gobain), qui a fourni l'isolant polyisocyanurate posé contre la façade sous le bardage, vient d'annoncer sur son site Internet, qu'elle cessait sur le champ de fournir du RS5000 pour des immeubles dont la hauteur est supérieure à 18 mètres, y compris pour des chantiers en cours : "Celotex pense que c'est la chose à faire la plus juste (…) en attendant des éclaircissements ultérieurs". Encore une fois, la société britannique note que son produit a été testé et validé mais que tout changement de composant dans le reste du système de façade devait être prise en compte. Une façon de souligner la problématique des panneaux composites aluminium-polyéthylène de bardage.

 

De leur côté, deux entreprises intervenantes ont également réagi par voie de communiqué. Rydon Maintenance tout d'abord, société chargée d'une partie de la réhabilitation de la tour Grenfell à l'été 2016, pour le compte du Kensington & Chelsea Tenant Management Organisation. Elle rappelle que toutes les réglementations de la construction, de santé ou d'incendie avaient été respectées et que la livraison avait été approuvée par le bureau de contrôle local (Royal Borough of Kensington & Chelsea building office). L'entreprise se trouve pourtant dans l'œil du cyclone pour la gestion controversée du chantier, consignée par des résidents de la tour dans un blog.

 

L'entreprise Harley Facades pourrait également être impliquée dans le scandale : c'est elle qui a posé le bardage extérieur. Ray Bailey, le directeur exécutif déclare : "Il y aura beaucoup de questions à propos de cet incident et vous comprendrez qu'il ne serait pas approprié pour nous de commenter ou de spéculer sur n'importe lequel des aspects du feu ou de son origine avant les demandes des enquêteurs. Pour l'instant, nous ne sommes pas au courant d'un quelconque lien entre le feu et le bardage de la tour". Les deux sociétés déclarent évidemment être à l'entière disposition des autorités pour répondre à toutes les questions. Pas moins de 250 enquêteurs de Scotland Yard seraient mobilisés pour une investigation aux répercussions internationales. Pour rappel, le gouvernement français a demandé un audit express de la réglementation au CSTB, afin de faire le point sur les textes liés à la sécurité incendie des bâtiments.

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