PROJET. Une association écologiste a été déboutée par la cour administrative d'appel de Nantes dans le dossier de la construction d'une centrale au gaz à Landivisiau, dans le Finistère. Les opposants ne comptent toutefois pas s'arrêter là et envisagent désormais de saisir le Conseil d'Etat.

La centrale au gaz de Landivisiau, dans le Finistère, est bel et bien dans les tuyaux. Ce 19 juillet 2019, la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté la demande d'une association écologiste baptisée Force 5, d'annuler un arrêté ministériel de 2013 autorisant la construction du complexe. Dans une copie de l'arrêt judiciaire obtenue par l'AFP, la cour indique effectivement que "la demande de l'association Force 5 et le surplus des conclusions de sa requête sont rejetés", précisant que l'arrêt en question "n'est pas entaché d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne la protection de l'environnement".

 

Pour autant, les opposants à la construction de cette centrale ne comptent pas désarmer. "La prochaine étape, c'est un recours devant le Conseil d'État", a rétorqué Catherine Kerautret de l'association Force 5. Son organisation tente d'obtenir l'annulation de l'arrêté ministériel daté du 10 janvier 2013, qui autorise l'entreprise Direct Energie (groupe Total) à exploiter une centrale de production d'électricité sur le territoire de cette commune bretonne d'environ 9.000 habitants. Les militants écologistes affirment notamment que le projet est "inutile" et "coûteux", et que l'escargot de Quimper, une espèce protégée, serait en danger si le chantier devait se concrétiser sur le site retenu.

 

La question de l'approvisionnement énergétique de la région Bretagne reste posée

 

Mais l'édification d'une telle installation s'inscrit en réalité dans une logique d'approvisionnement régional en électricité : la Bretagne est dépourvue de centrales nucléaires, et ne produit qu'environ 10 à 15% du courant qui y est réellement consommé, l'obligeant par conséquent à importer l'essentiel de sa consommation des régions voisines. C'est donc pour remédier à cette situation que le Pacte électrique breton avait été conclu en 2010, prévoyant de nouvelles sources de production d'électricité, dont la fameuse centrale de Landivisiau et sa capacité de 400 MW, un projet porté par Direct Energie et dont la construction serait assurée par Siemens.

 

Embourbé dans une bataille juridique dont le présent évènement est un nouveau rebondissement, le projet a pris beaucoup de retard, étant donné que la centrale devait à l'origine être mise en service durant l'hiver 2016-2017. Ses détracteurs se rendent régulièrement sur le site du chantier depuis la fin du mois de janvier 2019 pour y manifester, et ont empêché à plusieurs reprises les ouvriers de travailler. Une nouvelle manifestation est d'ailleurs programmée le 29 juillet prochain, en présence du député européen Europe Ecologie-Les Verts Yannick Jadot, selon l'association Force 5.

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