TRANSITION. Le distributeur français GRDF annonce un bilan "positif" en 2018 (malgré un chiffre d'affaires en baisse), grâce à l'arrivée de 30.000 nouveaux clients. L'entreprise possède des "attentes fortes" pour cette année et espère que la PPE sera rééquilibrée en faveur du vecteur gaz. Détails.

Edouard Sauvage, le directeur général de GRDF semble satisfait du bilan de l'année 2018. Son groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 3,47 Mrds € (-2,3 %) pour un résultat net de 143 M€. Le dirigeant explique : "Cette évolution est principalement due à un facteur climatique". En effet, les températures ont été clémentes l'an passé, induisant une baisse des volumes de gaz acheminés (279,5 TWh). GRDF a lourdement investi en 2018, avec 973 M€ dépensés pour diverses opérations dont la maintenance et la sécurisation de son réseau (300 M€, un montant stable depuis 10 ans), les raccordements de nouveaux clients et d'unités de méthanisation et l'installation des compteurs communicants Gazpar. Le directeur général annonce à ce propos : "Le déploiement des nouveaux compteurs se poursuit conformément au calendrier prévu et dans de bonnes conditions de travail de concertation avec les collectivités territoriales, les associations de consommateurs et les différents acteurs de la filière engagé depuis le début du projet". Le distributeur de gaz s'enorgueillit d'un taux de réclamation client très faible (0,8 %) qui contraste avec les déboires rencontrés par Linky, le compteur communicant d'électricité. Sur le nombre d'incidents enregistrés sur son réseau, l'entreprise note qu'il décroît depuis 2006, pour passer aujourd'hui sous la barre des 3.000 dommages aux ouvrages par an, "malgré une forte croissance des chantiers à proximité des réseaux gaz", ce qui fait dire au dirigeant : "Le gaz est une énergie sûre".

 

 

Le biométhane en attente d'une révision de la PPE en sa faveur

 

Autre point positif pour GRDF, un nombre de clients en hausse : "Avec près de 30.000 clients supplémentaires, l'année 2018 marque un nouveau record en termes de conquête pour la 3e année consécutive", souligne Edouard Sauvage. Ce sont donc désormais plus de 11 millions de foyers qui sont raccordés totalisant 27,5 millions de personnes, soit plus d'un Français sur trois. Avec la fin annoncée des chaudières fioul à l'horizon de 2030, de nombreux autres ménages devraient se tourner vers le gaz. L'entreprise table sur une croissance potentielle de plus d'un million de logements raccordés dans les 10 ans. "Un constat qui nous rappelle que le gaz est une énergie appréciée des Français. Son verdissement va encore renforcer ce sentiment", assure-t-il. Le groupe met en avant le nombre croissant d'installations de biométhane sur le territoire : "A la mi-mars 2019, plus de 73 sites injectent du gaz vert dans le réseau exploité par GRDF. Au total, ce sont 84 sites qui injectent en France. Depuis le début de 2017, la capacité d'injection a quasiment doublé pour atteindre 1.320 GWh/an de capacité".

 

 

Pour 2019, Edouard Sauvage espère beaucoup de la Programmation pluriannuelle de l'énergie, en cours de discussion. Une première version avait été présentée à la fin du mois de janvier, suscitant de nombreuses critiques de la part de la filière gaz, qui estime que le vecteur électrique était trop favorisé. Le directeur général déclare : "C'est avec une certaine incompréhension que nous avons pris connaissance de ce texte. Le développement de la filière biométhane doit être encouragée, au regard de sa capacité de décarbonation des usages mobilité et chauffage notamment, et de création de valeur pour les territoires". De nombreux acteurs s'étaient mobilisés en signant une tribune astucieusement intitulée "Make our PPE great again" réclamant une révision des objectifs programmés pour les périodes 2019-2024 et 2025-2029.

actionclactionfp