CONJONCTURE. La chute des constructions de logements se poursuit inexorablement : entre février et avril 2019, les autorisations ont reculé de 2% par rapport aux 3 mois précédents, et les mises en chantiers se sont rétractées de 6,6%. De mai 2018 à avril 2019, 444.200 logements ont été autorisés, soit une baisse de 8,7% en comparaison aux 12 mois précédents.

Les ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires ont publié ce lundi 27 mai les chiffres des constructions de logements à fin avril 2019. Verdict : tous les indicateurs sont dans le rouge. De février à avril, les autorisations ont reculé de 2% par rapport aux 3 mois précédents, et tous les segments sont impactés : les logements individuels fléchissent de 1,7%, et les collectifs (y compris en résidence) de 2,2%. Les mises en chantiers se rétractent elles aussi, de l'ordre de 6,6%, avec une diminution plus marquée dans le logement collectif, avec -8,7%, que dans l'individuel, avec -3,4%.

 

444.200 logements autorisés et 412.300 mis en chantier sur un an

 

Sur une période d'un an, donc de mai 2018 à avril 2019, 444.200 logements ont été autorisés à la construction, ce qui représente une baisse de 42.200 logements, soit -8,7% en comparaison aux 12 mois précédents. Dans le même intervalle, 412.300 logements ont été mis en chantier, soit un recul de 4,4%, de l'ordre de 19.100 logements. Toujours sur un an, les autorisations de logements individuels ont diminué de 8,2%, soit 15.700 unités de moins par rapport à la même période, un an auparavant. L'individuel pur se rétracte davantage, avec -9,6%, que l'individuel groupé, avec -4,2%. Toujours sur la période de mai 2018 à avril 2019, les mises en chantiers de logements individuels se replient de 7,6%, ce qui représente 13.300 unités, avec plus précisément -8,8% dans l'individuel pur et -4% dans l'individuel groupé.

 

Du côté des logements collectifs, on constate également une contraction de mai 2018 à avril 2019 : les autorisations accusent -9%, soit 26.400 logements de moins, avec dans le détail -10,6% pour les collectifs ordinaires et, rare point positif, +3,5% pour les logements en résidence. Sur la même période, les mises en chantiers des habitations collectives reculent de 2,3%, ce qui représente 5.800 unités. Quand on regarde de plus près les segments, il s'avère que les logements en résidence plongent de 9,2%, alors que les collectifs ordinaires n'accusent que -1,3%.

 

La Corse et les collectivités ultramarines tirent les statistiques régionales

 

L'analyse par région laisse très peu de place aux statistiques positives. En cumul sur les 12 derniers mois, on notera malgré tout que les logements commencés se sont chiffrés à 11.200 unités en Bourgogne-Franche-Comté, soit +3,1%, pendant qu'ils s'établissaient à 85.000 unités en Ile-de-France, ce qui représente une timide progression de 1%. La région Nouvelle-Aquitaine a affiché sur la même période un solde de 45.900 logements autorisés, en hausse de 3,3%. La Corse présente pour sa part des chiffres toujours aussi satisfaisants : avec 6.600 logements autorisés et 4.500 commencés, elle enregistre des bonds respectifs de l'ordre de +24,2% et de +10,1%. Enfin, les collectivités d'Outre-Mer (sauf Mayotte) se portent également bien, avec 15.000 unités autorisées (+3,2%) et 12.800 unités commencées (+2%).

 

Des délais avant mise en chantier inférieurs à leurs moyennes de long terme

 

Les statistiques gouvernementales se penchent en outre sur les annulations de logements et les délais d'ouverture de chantiers. De février à avril 2019, le taux d'annulation des logements individuels autorisés devrait être de 11,5%, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne de longue période (12%). Dans le collectif, ce taux serait de l'ordre de 16,4%, au-dessus de sa moyenne de long terme (15,2%).

 

Toujours sur cette période de 3 mois, le délai moyen avant la mise en chantier des habitations individuelles s'établira à 5,1 mois, un laps de temps légèrement inférieur au délai moyen de longue période, de l'ordre de 5,4 mois. Sur le segment collectif, le délai moyen d'ouverture des travaux sera de 10,5 mois, un chiffre en-dessous de la moyenne de longue période (11,6 mois).

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