MATÉRIAU. Le Comité national pour le développement du bois, qui a fêté ses 30 ans en 2019, s'est repositionné sur un nouveau modèle économique tout en renouvelant son réseau de partenaires. Tout cela dans l'optique de promouvoir et de développer l'utilisation du bois dans la construction, où "les perspectives sont plus qu'intéressantes".

2020 sera l'année du bois. Du moins, c'est ce pour quoi se mobilise le Comité national pour le développement du bois, ou CNDB, qui a présenté sa nouvelle stratégie ainsi que sa feuille de route ce 27 février. L'association loi 1901, qui a célébré ses 30 ans d'existence en 2019, s'est effectivement repositionnée sur un nouveau modèle économique tout en renouvelant son réseau de partenaires. Avec une base de données totalisant plus de 30.000 contacts, le CNDB cherche à soutenir la filière bois-forêt française mais a aussi besoin, de son propre aveu, "d'être alimenté" par l'expertise des architectes. "C'est par l'exemplarité qu'on prouve les valeurs du matériau bois", affirme la directrice générale de l'organisation, Sarah Laroussi. Assumant toujours ses missions de promotion et de développement de l'utilisation du bois, notamment en communiquant et en formant à ce matériau, le CNDB s'ouvre ainsi, cette année, à la maîtrise d'oeuvre. Le but : "valoriser l'utilisation du bois, guider et accompagner les acteurs de la construction".

 

Concrètement, cette stratégie inédite passe par le rapprochement avec deux organisations représentatives du secteur de la construction, à savoir l'Unsfa (Union nationale des syndicats français d'architectes) et l'Untec (Union nationale des économistes de la construction). "On n'a pas la culture canadienne", ironise Sarah Laroussi en faisant référence à la proportion de bois utilisée dans les chantiers de l'Hexagone, d'où l'enjeu de faire connaître les atouts de cette ressource naturelle aux professionnels du bâtiment, en mobilisant en premier lieu les acteurs qui établissent les projets, architectes et économistes. D'après le CNDB, la production tricolore de bois serait actuellement de moitié inférieure à l'accroissement naturel des forêts françaises, ce qui laisse donc une marge importante aux exploitants. Un sujet d'ailleurs abordée par la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, lors de son audition au Sénat sur la Réglementation environnementale 2020 le 20 février dernier.

 

"Apporter les bonnes typologies de réponses aux acteurs de la construction"

 

Dans son programme d'actions, le Comité se focalise sur quatre grandes thématiques "fédératrices" : l'aménagement intérieur, les équipements sportifs, l'habitat et la santé. Dans le secteur du logement, "les marchés individuels comme collectifs sont prioritaires pour le bois, avec des perspectives plus qu'intéressantes", estime Sarah Laroussi. Pour le confort et le bien-être, la ressource sylvestre semble également avoir fait ses preuves grâce à ses qualités microbiennes. Autour de ces quatre thèmes, les promoteurs du bois vont donc tenter de démontrer, chiffres et études à l'appui, l'intérêt de ce matériau. Des circuits de visites, des petits-déjeuners débats ainsi que des colloques seront organisés en complément.

 

En 2021, l'objectif sera cette fois de faciliter la compréhension par le grand public des avantages du bois, et de véhiculer "les bons messages". Avec en ligne de mire, au-delà des élections municipales de mars prochain, la présidentielle de 2022 : "Nous sommes persuadés que l'écologie sera un thème incontournable des programmes politiques, quel que soit le candidat, quel que soit le parti", souligne à ce sujet la directrice générale du CNDB. Mais pour les professionnels, la démarche sera finalement la même : "Il est important d'apporter les bonnes typologies de réponses aux acteurs de la construction pour les rassurer sur le coût", insiste Sarah Laroussi. "Le partenariat avec l'Unsfa et l'Untec a été signé en ce sens : faire en sorte que les architectes puissent parler de bois aux économistes de la construction."

 

"Mettre du bois au bon endroit"

 

Invités à s'exprimer sur la teneur de ce partenariat, ces deux derniers corps de métiers ont présenté les synergies qui en découlent. Patrick Julien, délégué général de l'Unsfa, a précisé qu'architectes et professionnels du bois se retrouveront autour de deux évènements : le 27e congrès mondial des architectes au Brésil, en juillet prochain, et le 51e congrès de l'Unsfa à Rennes, fin octobre 2020. De son côté, le vice-président du syndicat, Pierre Chomette, appelle "à ne surtout pas opposer des matériaux les uns aux autres ; il faut mettre du bois au bon endroit". Reconnaissant que celui-ci reste un matériau "compliqué" avec lequel il n'est pas évident de construire, ce dernier justifie de fait les partages d'expériences entre professionnels.

 

"Nous sommes très heureux de ce partenariat", rebondit Christophe Nowakowski, membre de l'Untec. "Cela a beaucoup de sens pour nous, car la construction est dans notre ADN. Elle recouvre un spectre assez large ; nous travaillons avec des expertises métiers, et à ce titre nous considérons que le CNDB est un expert dans le bois." Aux yeux de l'économiste, le chemin est encore long mais le démarrage semble avoir bien pris : "On est dans une culture encore très béton, et beaucoup de confrères ne vont pas vers le bois, mais principalement par méconnaissance". D'où l'ambition de la filière de mettre le matériau sylvestre sous les feux de la rampe.

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