NEUTRALITÉ CARBONE. Dans le cadre du plan France 2030 et pour permettre à l'Hexagone d'atteindre ses objectifs climatiques, la filière bois fera l'objet d'une enveloppe spécifique de 500 millions d'euros destinée à sa consolidation. Des "financements transversaux" apportés par les industriels et la Banque publique d'investissement devraient s'y ajouter.

Le nucléaire et l'hydrogène ne sont pas les seules industries mises en lumière dans le plan d'investissements France 2030 présenté par Emmanuel Macron ce 13 octobre. Conforté dans son rôle de matériau renouvelable permettant à l'Hexagone de respecter ses engagements climatiques, le bois pourra aussi compter sur une enveloppe dédiée de 500 millions d'euros. Une somme qui permettra de consolider sa filière et ainsi participer à la décarbonation de l'économie et à la création de valeur et d'emplois dans les territoires, se félicitent les acteurs du secteur.

 

 

S'y ajouteront des "financements transversaux" apportés par les industriels et BPI France (Banque publique d'investissement), ce qui ne sera pas de trop au vu des besoins d'investissements évalués par le Comité stratégique de la filière bois (membre du Conseil national de l'industrie) à 1,2 milliard d'euros par an au cours des cinq prochaines années - dont 820 millions annuels pour le seul marché du bois de construction. Sans oublier les 200 millions par an nécessaires pour garantir le renouvellement des massifs.

 

Moderniser et industrialiser la production, antienne de la filière

 

 

Pour les professionnels du secteur, les projets d'innovations ne manquent pas : "recherche sur les essences d'arbres adaptées au changement climatique, décarbonation du bâtiment, robotisation et augmentation des capacités de l'appareil industriel, production de bois techniques, marchés du cadre de vie, progression de la biomasse dans la décarbonation du mix énergétique, chimie verte, hydrogène vert...", énumèrent les industriels dans un communiqué. D'après eux, l'enveloppe débloquée par France 2030 contribuera notamment à créer de nouvelles unités de production basées sur le territoire, réduisant de fait les importations et renforçant les capacités nationales dans des productions spécifiques comme le lamellé-collé, le contre-collé ou encore le CLT (lamellé-croisé). Les 500 millions d'euros devraient aussi servir à mettre au point - et à mettre en oeuvre - des procédés technologiques innovants, dans l'optique d'industrialiser certains futurs segments porteurs, comme la chimie verte ou les bois techniques.

 

La filière compte bien également mobiliser cette somme pour augmenter les capacités d'unités de production et de préfabrication d'éléments d'ouvrage en bois déjà existantes. Considérés comme des leviers de compétitivité pour transformer et sécher les produits en bois, la valorisation des co-produits de transformation ainsi que la production de chaleur durable devraient en outre être concernées par la modernisation de la filière. Enfin, France 2030 devrait se focaliser sur le renouvellement forestier, en adaptant les massifs de l'Hexagone, et sur la création de nouveaux emplois directs. Quoi qu'il en soit, les enjeux ne manquent pas pour une filière attendue au tournant avec l'entrée en vigueur prochaine de la Réglementation environnementale 2020 : "Pour le seul débouché du bois dans le bâtiment, le potentiel de création de valeur ajoutée additionnelle d'ici 2030 dépasse 3 milliards d'euros", rappelle le CSF dans son communiqué.

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