POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE. Les spécialistes craignent que les candidats à la magistrature suprême ne fassent passer les sujets relatifs au nucléaire et aux renouvelables à la trappe. À l'heure où les enjeux de souveraineté sont de plus en plus palpables dans un monde qui se redessine, les choix sur l'industrie atomique ne peuvent être bâclés.


Les débats de l'élection présidentielle de 2022 commencent déjà à se dessiner : gestion de la crise du Covid, dépenses publiques, retraites, immigration, sécurité... Aucun mot, pour l'heure, des candidats déclarés ou putatifs sur l'énergie. Une situation incompréhensible alors que celle-ci conditionne notre mode de vie quotidien ainsi que le bon fonctionnement de l'économie. D'autant plus que si tout le monde parle, parfois de manière caricaturale, du nucléaire et des renouvelables, personne ne semble prêt (ou enclin ?) à aller au fond des débats, à poser les vraies questions et à recontextualiser la politique énergétique de la France dans un environnement globalisé.

 

C'est en partant de ce constat que l'association Équilibre des énergies (Éden), présidée par l'ancien ministre de l'Environnement Brice Lalonde, a organisé un débat ce 8 septembre 2021 autour de la neutralité carbone et de l'atome avec Bernard Accoyer, ancien président de l'Assemblée nationale qui est aussi à la tête de PNC France, l'Association de défense du patrimoine nucléaire et du climat. Avec une problématique simple : alors que nos sociétés et nos économies deviennent de plus en plus gourmandes en énergie, et donc en électricité, quelle place accorder aux réacteurs atomiques dans le bouquet énergétique de l'Hexagone pour espérer générer l'impact carbone le plus faible possible ?

 

Toujours plus d'électricité... mais avec quelle énergie ?

 

"Produire de l'électricité décarbonée implique de disposer de moyens de production pilotables", dont le nucléaire fait évidemment partie, a relevé Bernard Accoyer. "Dans cette course à l'électricité décarbonée, la France dispose justement d'atouts considérables - elle a épargné au monde des milliards de tonnes de CO2 (dioxyde de carbone) supplémentaires dans l'atmosphère" grâce à son parc de centrales, a-t-il encore estimé. Or les choix de politique énergétique, et en l'occurrence ceux sur l'industrie atomique, ne peuvent être bâclés : accusant "une minorité" de faire pression sur les pouvoirs publics, Bernard Accoyer regrette la baisse des capacités de production nucléaire. Les estimations officielles, relayées dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) et la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), seraient largement sous-estimées d'après l'organisation PNC France.
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