L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estime que la probabilité de risque pour la santé, à court ou long terme, liée au déploiement des compteurs communicants est très faible. L'exposition serait comparable à celles des autres équipements électriques (TV, ordinateur), à des niveaux très inférieurs aux valeurs limites.

Le risque sanitaire engendré par la présence de compteurs intelligents type Linky ou Gazpar, serait, selon les conclusions de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), très faible. Elle précise : "Dans la configuration de déploiement actuelle [les conclusions] vont dans le sens d'une très faible probabilité que l'exposition aux champs électromagnétiques émis puissent engendrer des effets sanitaires à court ou long terme". Les niveaux générés par les compteurs eux-mêmes et par la communication d'informations sur la communication, "sont très inférieurs aux valeurs limites d'exposition réglementaires", souligne-t-elle. Qu'il s'agisse de champ électrique ou de champ magnétique, les compteurs "sont à l'origine d'une exposition comparable à celle d'autres équipements électriques", comme un téléviseur, un chargeur d'ordinateur portable ou une table de cuisson à induction. A la fin du mois de septembre, une autre agence nationale, celle des fréquences (ANFR) avait indiqué que les compteurs Linky n'émettaient pas de champ électromagnétique plus élevé que les compteurs d'ancien modèle.

 

Risque très faible mais non nul pour les électro-sensibles

 

Le compteur électrique Linky utilise la technologie de courant porteur en ligne (CPL), qui induit des signaux à haute fréquence dans le circuit électrique alternatif, ne semble donc pas en mesure d'affecter la santé. L'Agence relate qu'il n'existe aucune donnée mettant en relation l'utilisation de cette technologie et atteinte sanitaire. D'autre part, les compteurs de gaz ou d'eau utilisent une solution différente, en communicant des paquets de données par liaison radio. Là encore, l'exposition serait négligeable, "bien plus faible que celle due à un téléphone mobile GSM", pointe l'agence. Un taux qui s'explique à la fois par "la faible puissance d'émission" mais également par "le nombre réduit de communications". Les compteurs envoient en effet des données regroupées en paquets qui sont transmises d'un coup, entre une et six fois par jour, en quelques secondes, au lieu d'émettre en continu.

 

Mais l'Anses relève une limite à ces observations, en admettant qu'il "n'existe pratiquement aucune littérature scientifique traitant des effets sanitaires spécifiques de l'exposition aux compteurs communicants". Elle engage donc "les opérateurs impliqués dans le déploiement de ces nouvelles technologies à fournir une meilleure information du public quant à leurs modalités de fonctionnement actuel et futur". La justice vient d'ailleurs de donner raison à une plaignante souffrant d'électro-sensibilité, en demandant le retrait de son domicile du compteur d'eau intelligent, installé en 2012. Un cas isolé, pour l'heure, alors que plusieurs millions d'automates communicants ont déjà été déployés dans l'Hexagone au cours des dernières années (dont plus de 1 million de compteurs Linky et deux fois plus de compteurs d'eau).

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