Le prochain déploiement du compteur électrique communicant Linky inquiète les personnes souffrant d'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques. La Direction générale de la santé a saisi l'Agence nationale de sécurité sanitaire de la question en demandant une synthèse sur les effets sanitaires associés à une exposition liée aux compteurs intelligents.

Alors que l'installation des compteurs Linky chez les particuliers doit débuter à la fin de l'année, l'association Piartem-Electrosensibles s'alarme des effets sanitaires potentiels de cet équipement sur les personnes hypersensibles aux ondes. Janine Le Calvez, la présidente de l'association, déclare à l'AFP : "Nous sommes inquiets du fait que l'appareil enverra en permanence des informations par courant porteur en ligne (CPL) et qu'il rayonnera dans toutes les pièces de la maison". Elle a rencontré la sous-directrice de la prévention des risques liés à l'environnement et à l'alimentation à la Direction générale de la santé (DGS) qui annonce avoir saisi l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Cette dernière devra réaliser "une synthèse des caractéristiques et des connaissances sur les expositions liées aux compteurs intelligents et les effets sanitaires associés". Janine Le Calvez souhaite que les personnes électrosensibles puissent refuser l'installation de Linky chez elles.

 

 

Pas de transmission en continu selon ERDF

 

La question de la multiplication des rayonnements au sein des habitations avait déjà alerté d'autres associations, comme Robin des Toits au mois de mai 2015 qui estime que les radiofréquences émises par le compteur d'ERDF sont des "cancérogènes possibles" et classées comme telles depuis mai 2011 par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Rappelons que 35 millions de ces compteurs communicants doivent être déployés d'ici à 2021, pour un coût global de 5 milliards d'euros. Un coût non négligeable que le gouvernement et le responsable des réseaux électriques assurent être directement compensé par les économies d'énergies engendrées, notamment au moyen de mesures d'effacement. ERDF répond en outre que Linky "ne présente aucune menace pour la santé (…) il respecte toutes les normes sanitaires françaises et européennes, très restrictives". L'entreprise ajoute qu'il "n'émet aucune onde radio (…) et utilise une technologie connue depuis les années 1950, appelée CPL, qui permet d'envoyer des informations dans les câbles du réseau électrique classique et existant". Enfin, sur la fréquence d'envoi des informations, ERDF précise que le compteur n'en émet pas en continu "mais seulement quelques secondes par jour".

 

 

Outre Linky, un autre compteur devrait commencer à être déployé à la fin de 2015 et au début de 2016, celui de GrDF : Gazpar. Lui aussi transmet des paquets de données, deux fois par jour, mais grâce à un module radio qui communique avec un concentrateur, ce dernier les transmettant ensuite par Internet au système d'information national. Onze millions de foyers français sont concernés par ce deuxième changement de compteurs, qui devrait se terminer en 2022. Gazpar sera-t-il une nouvelle source d'inquiétude pour les électrosensibles ?

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